Hôpital : création d'une part de rémunération variable pour les chirurgiens

Un arrêté publié ce jeudi au Journal Officiel institue une part de rémunération variable pour les chirurgiens hospitaliers, établie à la fois sur des objectifs de qualité et d'activité. Il s'agit, pour les établissements publics, de freiner le départ des praticiens vers les cliniques.

Alors que les hôpitaux publics souffrent de voir leurs chirurgiens partir exercer dans les cliniques privées, où les rémunérations sont supérieures et les contraintes moindres (absence de gardes notamment), le gouvernement travaille depuis plusieurs mois à un nouveau statut du praticien hospitalier pour que le public reste attractif.

Une de ces évolutions vient de se traduire par la publication ce jeudi au Journal Officiel d'un arrêté instituant une part de rémunération variable pour les chirurgiens hospitaliers. Le texte accorde aux praticiens hospitaliers de chirurgie une part complémentaire variable de rémunération, établie "à la fois sur des objectifs de qualité et des objectifs d'activité", c'est-à-dire en prenant en compte le nombre d'interventions opératoires et de consultations. Si la Fédération hospitalière de France (FHF) n'y est pas défavorable, plusieurs syndicats s'y opposent.

L'Association des médecins urgentistes de France (Amuf) a ainsi dénoncé un texte qui "enterre définitivement le statut unique de praticien hospitalier". Il "définit les médecins comme des producteurs de soins auxquels des objectifs de productivité sont imposés afin qu'ils puissent éventuellement bénéficier d'un bonus de rémunération", estime l'Amuf, pour qui "cette vision productiviste est contradictoire avec la qualité des soins".

Le syndicat d'urgentistes, présidé par Patrick Pelloux, dénonce par ailleurs "l'absence de financement" de la mesure. "Si une rémunération supplémentaire est offerte aux chirurgiens, ce sera au détriment d'autres lignes budgétaires", souligne-t-il, ajoutant que "ces avantages ne feront jamais revenir les chirurgiens des cliniques privées vers l'hôpital public". En octobre dernier, l'Amuf avait déjà appelé les urgentistes à faire grève suite à la publication de deux premiers décrets qui prévoyaient la création de cette rémunération variable.

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