Présidentielle : Jacques Chirac "réfléchit"...

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Lors de la traditionnelle présentation de ses voeux à la presse ce jeudi, le président de la République a évacué la question de son éventuelle candidature à l'élection présidentielle en disant qu'elle "mérite réflexion". Jacques Chirac prendra sa décision concernant un troisième mandat "le moment venu" et en fonction de "l'intérêt des Français".

C'est dans une atmosphère un peu compassée que s'est déroulée ce jeudi matin la traditionnelle cérémonie des voeux à la presse du président de la République, la dernière de son quinquennat. Au président de l'Association de la presse présidentielle qui lui posait ouvertement la question de son éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle, Jacques Chirac a répondu par une pirouette en affirmant "cela mérite réflexion et donc je vais réfléchir". "Une seule chose m'anime: la passion de la France", a déclaré le président de la République. "Le moment venu, je ferai connaître aux Françaises et aux Français ma décision et avec une seule exigence, croyez-le: l'intérêt national", a-t-il ajouté. Le président a dit à plusieurs reprises qu'il s'exprimerait sur ce point au premier trimestre.

Cette question évacuée - la seule qui intéressait vraiment son auditoire - le président s'en est tenu à un discours assez convenu sur les enjeux de l'année qui commence. Jacques Chirac a affirmé que son choix est de "fixer clairement les enjeux des élections". Selon lui un "vrai débat ouvert, responsable, démocratique" est nécessaire. En effet, a-t-il affirmé, "en 2002, le second tour a porté sur les valeurs de la République et il n'y a pas eu réellement de confrontation entre deux projets économiques et sociaux", a déclaré Jacques Chirac.

Pour le président, l'essentiel est d'expliquer aux Français les données du monde actuel, une tâche indispensable "si nous ne voulons pas laisser le champ libre aux extrémismes et vivre un nouveau 21 avril 2002". Car en quelques années, estime Jacques Chirac, "le monde a connu des changements considérables" avec l'émergence de l'Inde, de la Chine, du Brésil, des évolutions culturelles et identitaires profondes, une course effrénée à l'innovation...

Le devoir des hommes politiques, dès lors, est de "montrer les dangers et les opportunités de ce nouveau monde" et de "désamorcer les peurs". Les atouts de la France, estime-t-il en effet, sont "considérables" et "à des années-lumière de la thèse du déclin".

Soulignant les progrès réalisés par le pays ces dernières années, Jacques Chirac a affirmé qu'il s'est attachés, ces derniers jours, à "fixer les enjeux et à soumettre des propositions concrètes et ambitieuses" pour l'avenir. Des propositions qui "s'inscrivent dans le prolongement de l'action menée depuis cinq ans" et qui ont pu accréditer la thèse d'une nouvelle candidature à l'Elysée...

Dans l'immédiat, Jacques Chirac a salué la "détermination du gouvernement à poursuivre son action" jusqu'aux échéances électorales, alors même qu'il aurait été plus simple d'arrêter d'agir. Et, évoquant les prochains grands rendez-vous diplomatiques, dont la conférence sur le Liban, la conférence de Paris sur l'environnement et le sommet Afrique-France, il a souligné qu'il sera "dans les prochaines semaines engagé pleinement tant à l'international que sur le plan national".

En attendant le fameux "moment venu" où il fera connaître sa décision quant à son avenir personnel... Patrick de Jacquelot

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