L'Ecureuil va mettre en vente 7.000 logements sociaux

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La Caisse d'épargne fait ainsi un geste pour répondre à l'objectif de Nicolas Sarkozy de vendre 40.000 logements sociaux par an à leurs locataires. Mais les associations de locataires dénoncent, elles, une politique de vente massive qui cache un désengagement de l'Etat. De leur côté, l'Etat et la Banque européenne d'investissement (BEI) promettent des financements pour la construction et la réhabilitation des logements.

Le logement social en question. A l'occasion du congrès de l'Union sociale pour l'habitat (USH), et en présence de Christine Boutin, ministre du Logement, plusieurs acteurs sont intervenus pour annoncer de nouvelles mesures. Première à faire un geste pour le logement social: la Caisse d'Epargne, qui s'est engagée ce mercredi à mettre en vente 7.000 logements sociaux dans les cinq ans à venir, sur le parc de 140.000 logements qu'elle gère.

Selon Charles Milhaud, président du directoire de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne, cette vente doit permettre aux locataires "moyennant un très léger supplément par rapport à leur loyer", de devenir propriétaires. La Caisse d'Epargne s'engage ainsi à "mettre en place les dispositifs nécessaires pour les accompagner dans leur démarche". Le groupe mobilisera également "toutes ses compétences et capacités d'innovation en matière de financement de l'accession sociale".

Un geste qui n'est pas sans dimension politique puisqu'il vise aussi à répondre aux demandes de Nicolas Sarkozy de mettre en vente 40.000 logements sociaux par an. Mais la bonne volonté du groupe bancaire est conditionnée à la mise en place de nouveaux dispositifs pour les futurs propriétaires, tels que des prêts à taux zéro majorés ou encore des plans de financement sécurisé intégrant des possibilités d'allègements fiscaux.

Outre le fait de permettre l'accès à la propriété, l'objectif de la Caisse d'Epargne est également "de dégager des marges de manoeuvre afin de financer de nouvelles constructions". Le groupe assure que "bien gérée, la vente d'un logement peut rendre possible la construction de trois nouveaux". Là encore, la contribution des pouvoirs publics et des collectivités locales est indispensable pour "mobiliser du foncier", condition "déterminante dans le succès de cette politique".

Du côté de l'Etat, on réagit. La Caisse des dépôts et consignations (CDC) a annoncé ce mercredi qu'elle participerait au financement des travaux de réhabilitation des logements HLM vétustes. Objectif: remettre en état des logements qualifiés de "passoires thermiques" pour leur permettre d'être plus économes en énergie.

Pour l'occasion, le directeur général, Augustin de Romanet, a lancé un nouveau type de prêt à destination des logements anciens les plus consommateurs d'énergie. Il s'agira de prêts à des taux bonifiés - 3% au lieu de 3,80% - pour une réhabilitation classique sans aspect énergétique, avec une enveloppe de 1 milliard d'euros, jusqu'en 2010. Disponibles à partir du 1er janvier 2008, ces prêts "pourront permettre la réhabilitation de 180.000 logements dans les trois ans", a estimé Augustin de Romanet, et la CDC "mobilisera 57 millions d'euros en faveur de ce dispositif".

De son côté, la Banque européenne d'investissement (BEI) a annoncé mardi consacrer une enveloppe de 500 millions d'euros au financement du logement social en France. Deux contrats d'un montant de 125 millions d'euros ont été signés pour attribuer deux premières tranches de ce programme. Le premier a été signé avec Charles Milhaud, président du directoire du Groupe caisse d'épargne (GCE), et l'autre avec Gérard Bayol, président du directoire du groupe bancaire franco-belge Dexia.

Ces fonds européens attribués pour la première fois à l'organisme France logement social - qui accompagne la politique en faveur du logement social sur les années 2007/2009 - sont destinés à "financer dans des conditions très favorables les investissements des bailleurs sociaux pour la construction et la réhabilitation de logements sociaux".

Mais ces annonces sont dénoncées par la Confédération générale du logement (CGL), une association de locataires, qui se positionne contre "la vente massive" de HLM. La CGL dénonce "une vaste opération de vente des logements sociaux (qui) se prépare sous le faux prétexte de faciliter l'accession à la propriété du plus grand nombre". "La réalité est plus crue", accuse-t-elle, "il s'agit d'accompagner le désengagement de l'Etat".

Dénonçant "fermement cette politique qui tourne le dos à l'intérêt national", la CGL assure qu'elle "augmentera l'endettement des Français, bradera le patrimoine locatif social, créera de nouvelles copropriétés en difficulté et allongera la file des familles surendettées".

Pour la CGL, la priorité est "de revenir à des loyers accessibles à tous", représentant "un taux d'effort inférieur à 25%", c'est-à-dire des dépenses pour le logement en dessous d'un quart des revenus des ménages. Elle plaide également pour "un entretien correct du patrimoine" et "des réhabilitations de qualité".

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