La croissance américaine résiste bien en 2007 mais 2008 risque d'être plus dur que prévu

La Maison Blanche affiche son optimisme sur 2007 mais ses doutes pour 2008. La croissance américaine du troisième trimestre a été révisée en hausse à 4,9% grâce à une balance commerciale et aux investissements des entreprises meilleurs que prévu. Une révision qui semble ne pas encore prendre en compte l'impact de la crise financière. Les ventes de Thanksgiving sont en nette hausse. Tout comme les ventes de logements neufs en octobre mais avec un fort effet d'optique. Et le prix des maisons commence à reculer.

La Maison Blanche vient de rendre publiques ses prévisions de croissance comme elle le fait deux fois par an. Des prévisions qu seront intégrées dans le projet de budget pour l'exercice fiscal 2009 prévu pour le début de l'an prochain.

Pour 2007, l'administration Bush (qui va voir partir bientôt son conseiller économique Allan Hubbard) est optimiste. Elle révise à la hausse de 2,3% (chiffre donné en juin dernier) à 2,7% ses perspectives de croissance pour cette année.

Elle est plus inquiète pour 2008 puisque cette fois, le chiffre est ramené d'une prévision de 3,1% de hausse du PIB, le produit intérieur brut, à 2,7%, ce qui donnerait une croissance stable d'une année sur l'autre.

Reste que ce chiffre 2008 peut paraître encore très optimiste car la banque centrale américaine, la Fed (Federal Reserve) vient de ramner sa prévision d'une fourchette de 2,5% à 2,75% à une estimation beaucoup plus large et beaucoupl plus basse de 1,8% à 2,5%. Le Fonds monétaire international (FMI) a également coupé dans ses prévisions (de 0,9%) pour l'an prochain aux Etats-Unis pour les ramener à 1,9%, comme prévu pour 2007 (réduite de 0,1%). Le FMI envisage d'ailleurs de revoir toutes ses prévisions 2008 à la baisse compte tenu des prix élevés du pétrole et de la poursuite de la crise financière.

En revanche, signe que 2007 résiste encore, la croissance américaine du troisième trimestre a été révisée en hausse à 4,9%, au lieu de 3,9% annoncé initialement, a indiqué ce jeudi le département du Commerce. Cette forte révision à la hausse d'un point serait due à une balance commerciale et aux investissements d'entreprises meilleurs que prévu.

Les exportations ont été révisées en hausse (+18,9% au lieu de +16,2%) tandis que les importations augmentaient moins que prévu (+4,3% au lieu de +5,2%). Les exportations de biens manufacturés ont en particulier réalisé leur plus forte croissance (+25,8%) depuis le premier trimestre 1988.

De leur côté, les entreprises ont augmenté leurs investissements (+9,4% au lieu de +7,9%), dans les infrastructures (+14,3% au lieu de +12,3%), comme dans les équipements (+7,2% au lieu de 5,9%). Les entreprises ont surtout plus renfloué leurs stocks que prévu (+27,1 milliards de dollars au lieu de 9,9 milliards).

Il s'agit d'un taux de croissance le plus vigoureux enregistré depuis le troisième trimestre 2003. Il est encore trop tôt, disent les économistes, pour mesurer l'impact de la crise financière provoquée par les emprunts immobiliers à risques. L'impact de la crise et du nouvel accès de faiblesse du marché immobilier serait davantage visible en fin d'année.

Par ailleurs, les bénéfices après impôt des entreprises américaines n'ont pas varié au troisième trimestre après une hausse confirmée de 5,2% au trimestre précédent, a annoncé, ce jeudi aussi, le département du Commerce. Les analystes attendaient une hausse de 2,9% de ces bénéfices.

Enfin, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont augmenté davantage que prévu lors de la semaine au 24 novembre, à 352.000 contre 329.000 (révisé de 330.000) la semaine précédente, a annoncé jeudi le département du Travail, et ont atteint leur plus haut niveau depuis le mois de février. La moyenne mobile sur quatre semaines s'établit également en hausse à 335.250 contre 329.500 (révisé) la semaine précédente.

Le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités s'est élevé à 2,665 millions lors de la semaine au 17 novembre (dernière semaine pour laquelle ces chiffres sont disponibles) contre 2,553 millions la semaine précédente. Le département du Travail a précisé que la semaine de Thanksgiving avait peut-être eu une influence sur ces chiffres.

D'ailleurs, la société de recherche ShopperTrak RCT Corp. basée à Chicago a annoncé ce jeudi que les ventes pendant ce week-end de la traditionnelle fête de la dinde outre-Atlantique avaient crû de 6,5% à 20 milliards de dollars. Le dimanche suivant Thanksgiving, elles ont progressé de 4,2% à 3,6 milliards. Et pour le Black Friday, le vendredi juste après cette fête, elles ont grimpé de 8,3% à 10,3 milliards.

Le chiffre des ventes de logements neufs aux Etats-Unis pour octobre est aussi tombé ce jeudi : il a augmenté de 1,7% en octobre, à 728.000 unités, en rythme annuel. C'est la plus forte hausse depuis avril. Mais attention à l'effet d'optique : les chiffres de septembre ont été revus en très forte baisse, selon le département du Commerce : de 770.000 à 716.000, en recul de 0,1% par rapport au mois d'août et au plus bas depuis janvier 1996. Ces 728.000 ventes de logements neufs en octobre sont d'ailleurs nettement inférieures aux attentes qui étaient d'environ 750.000.

Quant au prix des maisons, ils reculent outre-Atlantique, pour la première fois depuis treize ans selon la tendance constatée par l'Office of Federal Housing Enterprise Oversight au troisième trimestre 2007 : -0,4% ce qui ramène la hausse annuelle à 1,8%, son rythme le plus bas depuis 1995.

On a également pris connaissance ce jeudi des demandes d'allocations chômage déposées aux Etats-Unis la semaine dernière qui ont bondi de 23.000, pour atteindre 352.000 dossiers, un niveau qui n'avait plus été constaté dans la première économie mondiale depuis février, selon le département du Travail, et qui n'était pas prévu par les analystes.

En moyenne glissante sur quatre mois, les demandes d'allocations chômage se sont établies à 335.250 dossiers (+ 5.750), au plus haut depuis mars, a précisé le ministère. Le nombre de sans-emploi indemnisés - à peu près la moitié du nombre total de chômeurs - a progressé de 112.000, pour atteindre 2,67 millions. Un tel niveau de chômage n'avait plus été constaté depuis décembre 2005. Le taux de chômage indemnisé s'est établi à 2%, en hausse de 0,1 point sur son niveau de la semaine précédente.

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