Les autres films de la semaine

Parmi les autres sorties, cette semaine, signalons "Cash", "Jeux de dupes", "Ulzhan", "27 robes", "Chapitre 27", "L'un contre l'autre", "REC" et "La Marea".

"Cash"
Un film de gangsters à l'américaine. On ne compte plus le nombre de réalisateurs français désireux de se frotter au genre. Rares sont pourtant ceux qui réussissent à égaler leurs homologues hollywoodiens. Le réalisateur Eric Besnard y parvient sans trop de mal. Peut-être parce qu'il s'en est donné les moyens. En optant tout d'abord pour des décors somptueux à Paris ou sur la côte d'Azur, mais aussi une belle brochette d'acteurs. Parmi eux, Jean Réno et Jean Dujardin, les deux comédiens les plus prisés du cinéma populaire français, flanqués de François Berléand et Valéria Golino. Le scénario, quelque peu tortueux, balade le spectateur jusqu'à un ultime rebondissement pour conter l'histoire d'un arnaqueur plein de charme (Dujardin) décidé à venger son frère, sous couvert de casse du siècle. C'est frais, agréable et divertissant.
Y. Y.

"Jeux de dupes"
Inutile de chercher ici la consistance, l'intérêt ou la densité de "Confessions d'un homme dangereux" ou "Good Night and Good luck", les précédents films de George Clooney. Si le comédien et réalisateur a une fois de plus choisi d'éclairer notre regard sur un pan de la culture ou de l'histoire des Etats-Unis, il s'attaque cette fois-ci à la renaissance du football américain en 1925. Un sport auquel les Européens ne comprennent pas grand-chose. Ce qui explique le manque d'intérêt que suscite cette comédie néanmoins sympathique dans laquelle Clooney cabotine face à une Renée Zellweger moins pimbêche qu'à l'accoutumée.
Y. Y.

"Ulzhan"
Etrange film que ce road-movie dans les steppes du Kazakhstan, raté mais néanmoins attachant. Volker Schlöndorff y déroule l'histoire d'un Français (Philippe Torreton) venu se perdre dans ces paysages grandioses, probablement pour soigner la douleur d'un drame familial. Au cours de ce périple au bout du monde, il croise un vendeur de mots hypnotisant (David Bennent, qui incarnait -enfant- le personnage principal du "Tambour"), des vestiges de l'empire soviétiques, mais surtout Ulzhan, une jeune institutrice décidée à le sauver malgré lui. On espère alors que leur rencontre va provoquer l'étincelle tant attendue. En vain. Au point où le film finit par tourner à vide.
Y. Y.

"27 robes"
La vie des célibataires est très dure, on en convient. Ce n'est pourtant pas une raison pour infliger aux spectateurs cette comédie romantique insipide, laborieuse et prévisible. L'histoire de Jane (Katherine Heigl, l'une des héroïnes de la série Grey's anatomy), une brave secrétaire spécialiste ès organisation de mariages pour ses copines. Jane est amoureuse de son adorable patron. Sauf que ce dernier en pince pour sa soeur. Et voilà notre bonne poire, obligée de concocter leurs épousailles. Sans intérêt.
Y. Y.

"Chapitre 27"
Débarqué de Hawaï quelques jours auparavant, obsédé par les textes de la bible comme par "l'attrape coeurs", le roman de Salinger, souffrant de troubles mentaux, Mark Chapman abattait John Lennon de cinq balles au bas de chez lui le 8 décembre 1980. Le comédien Jared Letho a probablement vu dans le personnage principal de cette biopic (biographie filmée) un rôle de composition susceptible de lui rapporter un oscar. Encore aurait-il fallu un scénario digne de ce nom pour raconter cette histoire et donner à comprendre les motivations de Chapman. Rien de tout cela, ici, mais une succession d'images répétitives, hallucinées, surjouées.
Y. Y.

"L'un contre l'autre"
Ce n'est plus vraiment un secret: le jeune cinéma allemand est en pleine expansion créative. Jan Bonny rejoint la cour des nouveaux réalisateurs à suivre. Son premier long-métrage "L'un contre l'autre" traite de la violence conjugale mais pas de la façon dont on a pu souvent le voir. Ici, c'est l'homme qui subit les coups de sa femme. Modèle de courage devant ses collègues policiers, Georg est chez lui victime des pires humiliations. Avec son regard distancié et ses atmosphères froides, le film de Jan Bonny rappelle les chroniques de vies (en apparence) ordinaires du cinéma autrichien ou encore le "Ping Pong" de Matthias Luthardt (encore un premier film allemand). Pas bien gai, pas glamour pour deux sous, ni exempt de lourdeurs, mais certainement prometteur.
O. L. F.

"REC"
Pour user de raccourcis faciles, "REC" pourrait être qualifié de croisement entre "Le Projet Blair Witch" et "28 jours plus tard". Ou peut être entre "Cloverfield" et "Resident Evil". A la distinction près que le long-métrage des Espagnols Jaume Balaguero et Paco Plaza - déjà bardé de prix, dont trois au dernier festival de Gerardmer - est bien plus terrifiant que ces quatre films réunis. Plongé au coeur de l'action à travers la caméra d'une équipe de journalistes télé, le spectateur se retrouve enfermé dans un immeuble, embarqué malgré lui et sans répit dans de sombres couloirs peuplés de créatures épouvantables. Les films d'horreur qui savent faire réellement peur sont rares. L'année dernière, "The Descent" y était parvenu. Cette année, ce sera sans conteste "REC".
O. L. F.

"La Marea"
Pour son premier long-métrage de fiction, l'Argentin Diego Martinez Vignatti s'est attaqué au thème du deuil. Une femme, Azul, s'exile sur une plage déserte pour surmonter le décès de son fils et de son mari. Durant 80 minutes quasiment muettes, on la verra apprendre à combattre sa peine dans une tentative désespérée de survie. Visuellement, "La Marea" est très maîtrisé et parvient dans certaines scènes à dégager une grande force sensorielle. Rien d'étonnant lorsque l'on sait que le réalisateur a été directeur de la photographie pour Carlos Reygadas ("Japon", "Bataille dans le ciel"). Reste que le scénario est bien trop mince, et le film bien trop lent, pour nous retenir de sombrer dans une pesante torpeur.
O. L. F.

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