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Publié le 21 mars 2008 à 04:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:50

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Les natures mortes anciennes, surtout du XVIIème siècle, reprennent des couleurs. Fleurs, fruits, légumes,et autres gibiers des peintures hollandaises et flamandes - il y a une nuance - atteignent désormais des prix élevés. Revue de détail

Le terme de "nature morte" est généralement attribué aux tableaux représentant des objets inanimés, fleurs, fruits, légumes, gibier ou poissons, un terme qui apparaît vers 1760: auparavant, on parlait de "nature reposée", voire de "vie immobile". Il est vrai que si la représentation d'objets anodins était courante dans l'Antiquité, elle a disparu au moyen Age où l'on ne représentait pratiquement plus que des scènes bibliques ou historiques.

La nature morte revient dans l'art pictural sous diverses formes au XVIIème siècle. En Italie ou en Espagne, elle est inspirée par la morale catholique avec les vanités : les objets sont choisis pour évoquer la vie terrestre et ses plaisirs avec en filigrane le temps qui passe et qui détruit tout ce qui est concret pour ne laisser que l'immatériel. D'où la présence récurrente de crânes. Les natures mortes de l'Europe du Nord ont une autre signification : elles marquent la puissance économique du pays et de ses plus riches habitants. Qui exposent ainsi la prospérité du commanditaire et l'adresse de l'artiste, ce dernier notamment en jouant avec les effets de lumière.

SAVOIR : lassés des thèmes - répétitifs - religieux, les riches marchands des rives de l'Escaut commandent aux artistes des peintures représentant les objets de leur quotidien : fleurs (souvent rares), fruits (hors saison) gibier (gras) et légumes (sélectionnés) sont ainsi mis en valeur. Les peintres s'inspirent aussi des herbiers, des repas familiaux, des cabinets de curiosité, mais évitent de mettre en avant le moindre personnage.

Deux écoles se distinguent au XVIIème siècle : la flamande, entre Lille et Anvers, avec des compositions amples, une accumulation de décors, l'usage de formats imposants, et la hollandaise, où l'on trouve moins d'objets réunis, un rendu très détaillé et des toiles relativement petites, jouant davantage sur le clair-obscur, voire la représentation symbolique de l'objet.

L'école flamande est surtout représentée par Pieter Boel, Guilliam van Deynum, Jan Buregel, Jacobs van Es ou Frans Snyders (qui a travaillé avec Rubens), la hollandaise par Jan van Hulsonck, Pieter Claesz, Willem Claeszoon Heda, Jan van Os, ou Abraham van Beyeren. Quelques français ont joué les suivistes : Pierre Dupuis, Jacques Minard et plus tardivement Alexandre Desportes, Jean, Baptiste Oudry, Jean Baptiste Monnoyer. ACHETER : le marché des natures mortes, notamment du XVIIème, est aujourd'hui à nouveau très actif : il est pour nombre d'acheteurs effrayés par la spéculation qui caractérise l'art contemporain, considéré comme une valeur refuge.

Les oeuvresles plus importantes dont le passage en salles des ventes est assez restreint (les plus grandes vacations ont lieu à Londres, New York et Amsterdam) atteignent des prix élevés : plus de 300.000 euros. Ce sont les représentations des festivités de la table qui sont les plus prisés, avant les bouquets de fleurs et les paniers de fruits.

Mais ce qui importe, outre la signature, c'est la manière dont l'artiste a traité le sujet. Les clairs-obscurs valent 20% plus chers, tout comme les tableaux dont on peut saisir la symbolique. De même, les grands formats - surtout bien encadrés - valent généralement 15 à 30% plus chers qu'une toile plus modeste.

Une oeuvre d'un artiste moins réputé ou à l'exécution moins équilibrée s'adjuge entre 15.000 et 100.000 euros. On trouve encore quelques tableaux, surtout de petite taille à partir de 7.500 euros: soit il s'agit de "suiveurs" ou de peintres ayant suivi une école réputée, soit il s'agit de "petits maîtres" moins recherchés : Jean Penot, Nicolas Ricoeur, Simon Saint Jean, Antoine Berjon, Jean Baptiste Blin de Fontenay. Autant de signatures françaises, certes plus tardives, que les experts estiment sous cotées, notamment pour leurs plus belles oeuvres.

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