Le blé occupe une place centrale dans l’économie et la stabilité sociale de l’Égypte. Avec plus de 100 millions d’habitants et un système de pain subventionné essentiel pour une grande partie de la population, le pays figure parmi les plus gros consommateurs mondiaux de la céréale.
L’Égypte veut se positionner comme une plateforme mondiale de stockage, de transformation et de commerce des céréales pour le Moyen-Orient, l’Afrique et d’autres régions. C’est ce qu’a déclaré cette semaine l’Approvisionnement et du Commerce intérieur, Cherif Farouk, lors d’un forum à Sotchi, en Russie.
Selon les détails rapportés par Reuters, le projet prévoit le développement de silos modernes, de systèmes de transport et d’infrastructures de stockage et de transformation. Le ministre a également évoqué un renforcement de la coopération avec la Russie dans plusieurs domaines liés au commerce des céréales, notamment les systèmes de traçabilité et la modernisation des infrastructures commerciales.
Le Caire souhaite aussi développer des mécanismes de référence pour les prix, ainsi qu’une meilleure transparence des chaînes d’approvisionnement.
Un poids déjà majeur sur le marché mondial du blé
Cette sortie survient alors que l’Égypte, premier consommateur africain et sixième au plan mondial, fait déjà partie des principaux acteurs du marché du blé. Selon les estimations du Département américain de l’Agriculture (USDA), le pays devrait importer environ 13 millions de tonnes de la graminée durant la campagne 2025/2026.
Il dispute d’ailleurs le statut de premier importateur de la graminée avec l’Indonésie, où des volumes similaires sont attendus cette année. Ensemble, les deux pays devraient représenter près de 12 % du commerce mondial du blé.
Malgré une production nationale attendue autour de 9,2 millions de tonnes pour la campagne, l’Égypte reste fortement dépendant des marchés extérieurs pour répondre à des besoins qui dépassent désormais les 20 millions de tonnes. Le blé y représente une des denrées les plus stratégiques pour la sécurité alimentaire, au point où l’Etat a mis en place un système de subvention de pain pour qui lui permet de prendre en charge 89% des coûts de production.
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Des ambitions soutenues par d’importants investissements
Avant l’annonce faite à Sotchi, il faut rappeler que le pays des pharaons avait déjà engagé depuis plusieurs années, une stratégie de modernisation de ses infrastructures céréalières. Fin 2025, l’Union européenne lui a accordé un financement de 14 millions USD (environ 12 millions d'euros) destiné à renforcer son système de stockage de blé. Ce programme prévoit notamment la construction de nouveaux silos, ainsi que la modernisation des outils numériques de suivi des stocks stratégiques.
Les autorités égyptiennes avaient dévoilé l’année précédente un plan d’investissement beaucoup plus vaste de 718 millions USD (environ 618,8 millions d'euros), visant à augmenter les capacités nationales de stockage de grains d’ici 2030.
Tous ces développements sont suivis de près par les grands exportateurs mondiaux de blé. Si la Russie domine largement les approvisionnements du pays, d’autres fournisseurs cherchent aussi à renforcer leur présence sur ce marché en pleine croissance. La France, la Roumanie ou encore la Bulgarie tentent par exemple de profiter des évolutions récentes des prix et des changements dans l’organisation des achats égyptiens.