L’année 2025 n'a pas été prolifique en matière d'investissements directs étrangers pour l'Afrique. Les pays de la région ont notamment pâti d’un contexte international peu favorable.
En 2025, le continent africain a capté 59 milliards USD (environ 49,5 milliards d'euros) d’investissements directs étrangers (IDE), soit 38% de moins qu’un an plus tôt. C’est ce que révèle l’ONU Commerce et développement (anciennement Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement/CNUCED) dans son dernier rapport intitulé « Global Investment Trends Monitor » et publié le 20 janvier 2026.
Cette plongée sur l’ensemble de l’année vient confirmer un mouvement de baisse enregistré sur le premier semestre. Sur les six premiers mois de l’année, les flux d’IDE à destination du continent avaient déjà reculé de 42%, pour s’établir à 28 milliards USD (environ 23,5 milliards d'euros), annonçant une année difficile pour l’attractivité régionale en matière d’investissements internationaux. À titre comparatif, les flux vers le reste des économies en développement hors Afrique n'ont reculé que de 2% en 2025, à 877 milliards USD (environ 735 milliards d'euros).
À l’échelle planétaire, les IDE ont progressé de 14 % pour avoisiner 1 600 milliards USD (environ 1 342 milliards d'euros), en tenant cependant compte des flux transitant par des centres financiers. Hormis ces flux de transit, la croissance réelle des IDE mondiaux n’aurait été que d’environ 5%.
Chute brutale au Nord, résilience relative au Sud du Sahara
Si l’on considère la répartition des IDE en 2025, l’analyse met en évidence une dynamique contrastée, avec un continent évoluant à deux rythmes distincts. D’après l’organisme onusien, les flux se sont effondrés d'environ 67% en Afrique du Nord, passant de 51 milliards USD (environ 42,8 milliards d'euros) en 2024 à seulement 17 milliards USD (environ 14,3 milliards d'euros) en 2025. La performance exceptionnelle enregistrée l’année précédente reposait en grande partie sur un facteur ponctuel : le mégaprojet touristique et urbain de Ras El-Hekma, localisé à environ 350 kilomètres au Nord-Ouest du Caire.
Porté par Abu Dhabi Developmental Holding Company, ce projet structurant évalué à 35 milliards USD (environ 29,4 milliards d’euros), prévoit la réalisation d’un vaste ensemble urbain intégrant un hôpital, des établissements hôteliers, des infrastructures scolaires et universitaires, des quartiers résidentiels, des complexes touristiques, des équipements de services publics ainsi que de nombreux espaces dédiés aux loisirs et au divertissement. L’absence de nouveaux projets de cette ampleur en 2025 a mécaniquement pesé sur les chiffres régionaux.
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Pendant ce temps, l’Afrique subsaharienne montre une plus grande résilience. La sous-région a capté 42 milliards USD (environ 35,2 milliards d'euros) d’IDE en 2025, soit un repli de 6 % par rapport à l’année précédente. Cette relative stabilité masque cependant elle aussi des trajectoires nationales contrastées.
En Afrique du Sud, les flux ont été lourdement pénalisés par une opération majeure de désinvestissement, le pays enregistrant des entrées nettes négatives de 6 milliards USD (environ 5 milliards d'euros) après la cession par le groupe britannique Anglo American PLC de sa participation de 66,7% dans Valterra Platinum Ltd, pour un montant estimé à 7,2 milliards USD (environ 6 milliards d'euros). À l’inverse, le Mozambique s’est distingué par une forte dynamique, avec une hausse de 80% des investissements entrants, à 6 milliards USD, soutenue par la reprise et l’accélération des chantiers de grands projets de gaz naturel liquéfié (GNL).
Projets greenfield en hausse, mais des perspectives incertaines
En 2025, alors que l’activité greenfield (création de nouveaux projets industriels, impliquant la construction de sites ou l’installation d’usines) a globalement reculé dans de nombreuses régions du monde, notamment en Asie où le Bangladesh et le Cambodge ont connu une forte contraction des nouveaux projets, l’Afrique a affiché un résultat positif. Le continent a enregistré une progression du nombre de projets greenfield, portée par des annonces significatives en Égypte et en Côte d’Ivoire. Au total 639 projets ont été annoncés, soit une hausse de 5% par rapport à 2024.
Pour 2026, les perspectives des flux IDE dans le monde restent encore incertaines selon l’ONU Commerce et développement. « Une hausse des flux semble possible, car les prévisions d’inflation et des coûts d’emprunt sur les principaux marchés laissent entrevoir un assouplissement des conditions de financement. Par ailleurs, le financement international de projets est à son plus bas niveau depuis cinq ans, et des marchés de fusions-acquisitions très actifs pourraient favoriser davantage d’opérations transfrontalières », indique l’organisme.
Le continent africain ne devrait cependant pas échapper à un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, l’incertitude des politiques publiques et la fragmentation économique mondiale.