Comme dans la plupart des pays d’Afrique de l’Est, l’agriculture est largement tributaire de la pluviométrie et vulnérable aux aléas climatiques. Les autorités cherchent à renforcer l’irrigation pour augmenter davantage la productivité et stabiliser l’offre alimentaire.
Au Kenya, près de environ 1,3 milliard d'euros sera mobilisé en faveur de l’irrigation agricole d’ici les quatre prochaines années. C’est ce qui ressort du National AgriFood Systems Investment Plan (NASIP) présenté le 1er juillet dernier.
D’un coût total de 1 trillion de shillings, cette feuille de route sur la période 2026-2030 vise à mobiliser des capitaux publics, privés et mixtes afin de transformer l’élevage, la pêche, l’agroindustrie et les chaînes de valeur jugées prioritaires. Le plan vise à parvenir à terme à une croissance de 6 à 7 % du PIB agricole par an, une hausse de 40 % des revenus des petits agriculteurs et 2 millions de nouveaux emplois.
Dans le volet de l’irrigation qui affiche le poste de dépenses le plus important après le financement des systèmes agroalimentaires, les objectifs sont ambitieux. D’ici 2030, les autorités tablent sur 150 000 à 200 000 hectares supplémentaires de terres irriguées.
Pour y arriver, l’accent sera particulièrement mis sur le partenariat publicprivé, l’alimentation des nouveaux périmètres par des systèmes solaires ou renouvelables afin de réduire la dépendance aux carburants fossiles, le renforcement de l’efficacité de l’utilisation de l’eau et de la gouvernance grâce à un suivi numérique ainsi que des écosystèmes irrigationénergiemarché afin de réduire les pertes postrécolte.
« Le NASIP 20262030 introduit une approche transformatrice qui fait de l’irrigation un levier commercial, climatointelligent et inclusif, au service de la production à grande échelle. Le nouveau modèle relie les périmètres irrigués de taille moyenne et grande à des marchés structurés, à des zones agroindustrielles et à des systèmes numériques de gestion de l’eau, dans le cadre de partenariats publicprivé (PPP) et de mécanismes de cofinancement au niveau des comtés », indique le document.
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En termes d’impact, les autorités tablent sur une hausse estimée de 40 à 50% de la productivité dans les périmètres irrigués et une contribution annuelle de 300 à 400 milliards de shillings au PIB agricole.
Un potentiel encore largement sous-exploité
Le principal enjeu du programme tient au fait que le Kenya dispose déjà d’un potentiel d’irrigation considérable, mais encore très insuffisamment mobilisé.
Selon les données officielles, moins de 4% des terres arables du Kenya sont actuellement irriguées, alors que le pays dispose d’un potentiel bien plus vaste, estimé à 1,3 million d’hectares. Cette sous-exploitation réduit la capacité du pays à produire des denrées de base comme le riz, le maïs et le blé, indispensables à la sécurité alimentaire. Elle accroît par ailleurs la dépendance aux conditions climatiques, dans un pays où 89 % de la superficie est constituée de zones arides ou semiarides.
En prélude à cette nouvelle stratégie, les autorités avaient déjà annoncé, en mars 2025, un Plan national d’investissement pour le secteur de l’irrigation (NISIP).
Cette feuille de route sur dix ans prévoit notamment de mobiliser 598 milliards de shillings grâce à des investissements publics et privés, afin d’accroître de près de 400 000 hectares les superficies équipées pour l’irrigation sur la période concernée.
Par ailleurs, dans le cadre du premier Plan national d’investissement agricole (NAIP I) sur la période 20192024, des efforts ont été aussi déployés pour réhabiliter des périmètres nationaux d’irrigation et créer la National Irrigation Authority (NIA) en tant qu’agence spécialisée.