De Maurice à l’Angola en passant par l’Afrique du Sud et le Gabon -entre sommets et visites d’Etat- le président Emmanuel Macron a porté l’idée affirmée du « partenariat gagnant-gagnant » dans plusieurs secteurs, face à des partenaires enthousiastes et parfois exigeants.Avec des échanges commerciaux qui ont franchi la barre des 65 milliards d’euros en 2024, enregistrant un recul de 0,4% en glissement annuel pour l’Afrique subsaharienne d’après le ministère français du Commerce extérieur, la France et l’Union africaine veulent « renforcer [leur] coopération » dans le secteur, selon les discussions d’Emmanuel Macron et du président de la Commission de l’UA Mahmoud Ali Youssouf, en marge du Sommet UE-UA qui s’est achevé ce 25 novembre à Luanda. Cette étape bouclait également la tournée africaine du président français, marquée par sa volonté de nouer « des partenariats gagnant-gagnant » avec les pays du continent. Si en Angola la signature d’accords de coopération bilatérale n’était pas au menu du tête-à-tête avec le président Joao Lourenço -qui a d’ailleurs été reçu à Paris en janvier dernier- plusieurs protocoles ont été conclu lors du précédent stop du Chef d’Etat français, au Gabon.
La transformation locale du manganèse gabonais exigée à Eramet
Première visite de Macron depuis la chute du régime Bongo, elle a débouché sur la signature de plusieurs accords financiers, notamment entre le gouvernement gabonais et l’Agence française de développement (AFD) pour le financement -fourni par la France et l’UE- du plan de relance du réseau ferroviaire. D’un montant global de 203 millions d’euros, cette enveloppe sera fournie à raison de 173 millions d’euros sous forme de prêt et 30 millions d’euros de subvention.
Le projet est important parce qu’il a vocation à soutenir l’industrie minière dans laquelle la France est engagée au Gabon depuis des décennies. Et ce, particulièrement dans l’exploitation du manganèse dont le pays d’Afrique centrale est le deuxième producteur mondial et dont la plus grande mine - à Moanda - est exploitée par Comilog, filiale d’Eramet. En mai dernier, Brice Clotaire Olingui Nguema a annoncé la fin de la vente du manganèse brut à partir de 2029. Aux côtés de Macron accueilli en grandes pompes, le président gabonais a rappelé que l’industrialisation -donc la transformation locale des matières premières- constitue l’un des piliers la dynamique de transformation économique de son pays. « A ce titre, nous invitons les entreprises françaises à s’asseoir, à suivre notre dynamique dans un cadre de transparence et de bonne gouvernance, conformément aux recommandations du Fonds monétaire international [FMI, ndlr] en matière de publication des contrats, de déclarations fiscales, conventions, accords et partenariats », appelle le président gabonais avant d’ajouter : « Concernant la transformation du manganèse, nous comptons sur votre collaboration afin que le groupe Eramet respecte ses engagements ».