Avec Ethiopian Airlines, Air Congo veut faire de Kinshasa un hub majeur en Afrique

Idriss Linge, Agence Ecofin

La compagnie Air Congo, détenue à 51 % par l’État congolais et à 49 % par Ethiopian Airlines.
Présidence de la RDC.

Idriss Linge, Agence Ecofin

La compagnie Air Congo, détenue à 51 % par l’État congolais et à 49 % par Ethiopian Airlines.
Présidence de la RDC.
Dans le cadre d’une stratégie de développement particulièrement dynamique, Air Congo se positionne pour redessiner la carte de l'aviation civile sur le continent. La coentreprise, détenue à 51% par l’État congolais et à 49% par le géant Ethiopian Airlines, prévoit l’ouverture progressive de quatorze liaisons régionales ciblant l’Afrique centrale, australe et de l’Ouest, forte de sa légitimité reconnue en RDC et de son ancrage opérationnel auprès de la compagnie aérienne éthiopienne. Dans ses projections immédiates, la compagnie ambitionne de relier Kinshasa à certaines métropoles économiques d’Afrique, avec des vols prévus vers Johannesburg, Cotonou, Douala, N’Djamena, Nairobi et Dar es Salaam.
Cette ambition régionale s'appuie sur une consolidation préalable de son réseau domestique, pourtant réputé complexe et soumis à de lourdes contraintes logistiques. Pour soutenir cette montée en puissance, la compagnie étoffe sa flotte en continu.
Le 19 février dernier, Air Congo a franchi un cap décisif avec la réception de son troisième Boeing 737-800. Lors de cet événement, Mesfin Biru Weldergeorgis, le directeur général de la compagnie, a souligné le chemin parcouru en déclarant qu'il y a un an, ils avaient reçu leurs deux premiers avions de type Boeing 737-800. Il a affirmé que l'accueil de ce troisième appareil constitue le symbole manifeste de leur croissance rapide et de leur engagement à offrir un transport aérien moderne, sûr et fiable. Selon le dirigeant, cet aéronef supplémentaire permettra d’augmenter les fréquences, d’améliorer la ponctualité, d’optimiser les opérations et d’offrir la flexibilité indispensable pour répondre à une demande nationale et régionale en pleine expansion.
L’expansion régionale d’Air Congo n’est cependant pas sans souligner des questions quant aux équilibres internes au réseau global d’Ethiopian Airlines, la compagnie congolaise se positionnant de facto en concurrence avec Asky. Fondée au Togo et opérant depuis son hub de Lomé, Asky compte également Ethiopian Airlines parmi ses partenaires stratégiques de premier plan. En près de quinze ans, la compagnie ouest-africaine a multiplié par plus de dix son nombre de passagers transportés, s'imposant dans le ciel africain avec une flotte performante offrant une capacité globale de 2346 sièges, dont 240 dédiés à la classe affaires.
L'arrivée d'Air Congo sur ces nouveaux corridors aériens pourrait néanmoins bousculer ce leadership et modifier les habitudes de voyage. Actuellement, de nombreux passagers voyageant entre l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest, vers des destinations comme le Nigeria ou le Bénin, sont contraints d'effectuer de longs transits par le hub d'Asky à Lomé. L'instauration de lignes directes depuis la RDC serait très favorablement accueillie par une clientèle en quête de gains de temps.
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Sur ses autres cibles de l'Est et du Sud, Air Congo se retrouvera sur un marché hautement concurrentiel, devant affronter non seulement Asky, mais également des acteurs établis tels qu'Air Côte d'Ivoire, Air Tanzania ou encore Kenya Airways (qui fait face à des défis récurrents).
En définitive, la concrétisation de ces ambitions et la transformation de la RDC en un véritable carrefour aérien dépendront de la capacité des autorités congolaises à accélérer la modernisation de leurs infrastructures aéroportuaires. Une présentation du projet de construction du nouveau terminal de l'aéroport international de N’Djili, à Kinshasa, a été dévoilée fin juillet 2025 par le cabinet d'architecture américain Skidmore, Owings & Merrill (SOM). Toutefois, depuis le début de l'année 2026, aucune communication publique n'a été faite sur l'état d'avancement réel des travaux, laissant planer un défi quant à la capacité des infrastructures actuelles à absorber le trafic de ce hub en construction.
Idriss Linge, Agence Ecofin