Outre les investisseurs internationaux, l’Etat ivoirien mise sur les entrepreneurs locaux, dans les secteurs stratégiques, pour conduire cette économie ouest-africaine - déjà parmi les plus dynamiques au monde - vers l'émergence.Quand il ne pleut pas des cordes à Abidjan en ce moment, des gouttes de pluie s’invitent par intermittence tout au long de la journée. C’est le cas ce mercredi dans la Zone industrielle de Vridi, au sud de la capitale économique. Mais, cela n’empêche pas les unités de Petro Ivoire de tourner à plein régime, ces unités qui sont regroupées sous l’égide de la Société africaine d’entreposage de produits pétroliers (SAEPP), une joint-venture détenue avec les français TotalEnergies et Geogas Entreprise. « Sur le gaz butane, nous sommes aujourd’hui leaders du marché ivoirien » confie le PDG, Sébastien Kadio-Morokro, qui ne cache pas sa fierté de damer le pion, sur ce segment, à des géants mondiaux comme le groupe de Patrick Pouyanné et le néerlando-britannique Shell qui le supplante à l’échelle globale. « Cette activité a permis d’accroître significativement la taille de l’entreprise et de renforcer notre positionnement », ajoute-t-il.
Un champion qui se transforme
Entreprise familiale fondée par son père - Matthieu Kadio-Morokro - en 1994, Petro Ivoire est un véritable champion national dans le secteur des hydrocarbures, avec 94 stations-services à travers le pays et 350 emplois directs ainsi que plus de 1 000 emplois indirects. Aujourd’hui numéro trois de la distribution de l’ensemble des produits pétroliers dans le pays, le groupe en est cependant le premier défendant le drapeau ivoirien. Depuis que le fils Sébastien a pris le bâton de commandement en 2010, il a conduit l’entreprise dans une nouvelle dimension de diversification.
Outre l’entrée du français Geogas Entreprise au capital de Petro Ivoire en 2018 ou l’investissement à grande échelle dans le gaz, la stratégie désormais déployée projette l’entreprise dans la production d’électricité sur fond de transition énergétique, conformément aux engagements de l’Etat ivoirien dans le cadre de l’Accord de Paris. « Nous voulons avancer progressivement, jusqu’à la production d’électricité, d’abord pour les entreprises, puis, à moyen terme, pour le réseau. C’est le virage que prend l’entreprise pour les prochaines années, et nous sommes en train de nous structurer en ce sens », explique ce chef d’entreprise, soulignant que son groupe a commencé à déployer sa stratégie autour de l’électricité « de manière encore embryonnaire » avec notamment la construction de bornes électriques.