Le Bénin en passe de redevenir producteur de pétrole d’ici fin janvier 2026
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Les premières productions de pétrole sur le champ offshore de Sèmè, au Bénin, devraient atteindre environ 15 000 barils par jour.
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Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Les premières productions de pétrole sur le champ offshore de Sèmè, au Bénin, devraient atteindre environ 15 000 barils par jour.
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Au Bénin, Rex International et sa filiale Akrake Petroleum prévoient de lancer la production de pétrole sur le champ offshore de Sèmè, d’ici fin janvier 2026. C’est ce qu’a indiqué la compagnie dans un communiqué publié lundi 12 janvier, alors qu’elle faisait récemment état d’un report du calendrier initialement fixé à fin 2025, en raison de difficultés techniques rencontrées lors des opérations de forage.
Selon Rex International, le démarrage de la production interviendrait à l’issue du forage du puits de production AK-2H, qui doit débuter dans le courant de cette semaine.
Sur le plan des infrastructures, l’opérateur indique que les principaux équipements nécessaires à l’exploitation sont déjà en place. L’unité mobile de production offshore Stella Energy 1, chargée de traiter le pétrole extrait en mer, ainsi que l’unité flottante de stockage et de déchargement Kristina, destinée à stocker le brut avant son expédition, ont été modernisées et positionnées sur le site, prêtes à entrer en service.
La campagne de forage conduite par sa filiale comprend trois puits. Un premier puits d’exploration, AK-1P, vise à collecter des données sur des réservoirs plus profonds encore inexploités. Deux autres puits, AK-1H et AK-2H, sont des puits horizontaux de production ciblant le réservoir H6, déjà connu pour avoir été productif lors de la première phase d’exploitation du champ.
Le calendrier annoncé marque toutefois un décalage par rapport aux ambitions initiales. Lors du lancement de la campagne de forage, l’objectif affiché était une reprise de la production avant la fin de l’année 2025. Selon une mise à jour opérationnelle publiée en début de mois, le calendrier a été ralenti par des contraintes techniques affectant le déroulement du forage. La compagnie n’avait pas donné plus de détails, affirmant qu’elle travaillait à résoudre les problèmes.
Cette semaine, Rex International a apporté des précisions sur ces retards. La compagnie explique que le forage a été particulièrement complexe dans certaines couches de schistes instables situées au-dessus du réservoir. Ces formations ont provoqué plusieurs incidents au niveau des tiges de forage, obligeant les équipes à reprendre une partie des travaux. Pour surmonter ces difficultés, l’opérateur indique avoir exploité de nouvelles données géomécaniques collectées sur le terrain afin d’ajuster les paramètres de forage. Cette optimisation aurait permis de traverser la zone problématique lors du forage du puits AK-2H.
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Une fois ce puits mis en production, les opérations de forage sur les deux autres puits seront temporairement suspendues, le contrat de la plateforme autoélévatrice Borr Gerd arrivant à son terme. Rex prévoit toutefois de mobiliser une nouvelle plateforme plus tard en 2026 afin d’achever la campagne et d’évaluer, à partir des données de production, l’opportunité de forer un puits supplémentaire dans le réservoir H6.
Le projet de redéveloppement du champ de Sèmè s’inscrit dans un partenariat conclu fin 2023 entre l’État béninois et Rex International. La compagnie singapourienne et sa filiale Akrake Petroleum se sont alors vu attribuer les droits pétroliers sur le bloc 1 de Sèmè, un périmètre offshore de 551 km² situé dans les eaux territoriales du Bénin.
Un contrat de partage de production a été signé, conférant à Akrake une participation de 76% dans le bloc, aux côtés de l’État béninois (15%) et de la société locale Octogone Trading (9%). L’objectif affiché par l’opérateur était de réinvestir le site afin de maximiser la récupération des ressources pétrolières identifiées lors de précédentes campagnes de forage menées en 2014 et 2015, en s’appuyant sur des techniques de forage plus modernes.
En avril 2025, la compagnie avait annoncé le lancement de la campagne de forages destinée à relancer l’exploitation du champ. Selon le schéma indiqué, les premières extractions devaient avoisiner 15 000 barils par jour, et les données recueillies serviraient à évaluer le potentiel de réservoirs plus profonds susceptibles de prolonger la durée de vie du champ.
Pour les autorités béninoises, la relance du champ de Sèmè revêt une portée stratégique, en ce sens qu’elle ouvrirait la voie à un retour progressif du pays parmi les producteurs de pétrole, avec potentiellement des implications économiques. En octobre 2024, le ministre de l’Eau et des Mines, Samou Séïdou Adambi, avait ainsi déclaré que le gouvernement « mettra tout en œuvre pour commencer par extraire en eaux profondes de l’or noir au Bénin ».
Découvert à la fin des années 1960 par la compagnie Union Oil, le champ de Sèmè a été développé dans les années 1970 par la société norvégienne Saga Petroleum. Il a produit environ 22 millions de barils entre 1982 et 1998, avant l’arrêt des opérations dans un contexte de baisse des prix du pétrole.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin