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Le Togo, pionnier en Afrique d’une couverture santé inclusive et évolutive

Agence Ecofin

Publié le 03 novembre 2025 à 09:29

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) du Togo a donné le coup d’envoi de l’enrôlement officiel des artisans, commerçants, agriculteurs et autres acteurs du secteur informel.

La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) du Togo a donné le coup d’envoi de l’enrôlement officiel des artisans, commerçants, agriculteurs et autres acteurs du secteur informel.

Photo CNSS

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Après avoir posé les bases de l’Assurance Maladie Universelle en 2024, le pays vient d’y intégrer les travailleurs non salariés — une première sur le continent. Entre digitalisation des services, gouvernance partagée avec le secteur privé et volonté d’inclure les catégories les plus vulnérables, Lomé fait le pari d’un modèle progressif, ancré dans la réalité économique et sociale du pays.

Au Togo, la Couverture Maladie Universelle (CMU) n’est plus une promesse, mais une réalité en constante évolution. Moins de deux ans après le lancement du programme d’Assurance Maladie Universelle (AMU) en janvier 2024, le pays vient d’ouvrir un nouveau chapitre en intégrant les travailleurs non salariés dans son dispositif. Une avancée rare sur le continent, qui confirme le choix d’un modèle de protection sociale pragmatique et progressif.

S'adapter à la diversité des revenus

Le 23 octobre 2025, à Lomé, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a donné le coup d’envoi de l’enrôlement officiel des artisans, commerçants, agriculteurs et autres acteurs du secteur informel. Une étape rendue possible grâce à une plateforme numérique spécifiquement développée pour faciliter l’inscription et la gestion des cotisations. À travers ce portail, chaque travailleur peut fournir ses informations personnelles, choisir son mode de paiement — mensuel, trimestriel, semestriel ou annuel — et rejoindre la base des assurés de la CNSS-AMU.

Cette approche flexible vise à s’adapter à la diversité des revenus dans un secteur informel où les situations économiques varient considérablement. Une fois enregistrés, les assurés reçoivent une carte leur garantissant l’accès aux soins de base sur l’ensemble du territoire. « Cette initiative permettra à chaque travailleur non salarié, quel que soit son revenu ou son secteur d’activité, de bénéficier de soins de base sans craindre la ruine financière », a expliqué le ministre de la Santé, Jean-Marie Tessi, lors du lancement officiel.

Pour la directrice générale de la CNSS, Ingrid Awadé, cette extension traduit « l’accomplissement de la promesse d’une sécurité sociale solidaire », où la protection sociale ne dépend plus uniquement du statut professionnel. Après avoir intégré les veuves, veufs et orphelins, la CNSS poursuit ainsi l’élargissement du dispositif, dans une logique d’inclusion progressive.

Une gouvernance partagée entre public et privé

Mais l’évolution de la couverture santé au Togo ne se limite pas à l’élargissement du public bénéficiaire. Elle repose aussi sur une transformation de la gouvernance du système. Le 14 octobre 2025, dix jours avant le lancement de l’assurance pour les travailleurs indépendants, la CNSS et l’Institut national d’assurance maladie (INAM) ont signé à Lomé des accords avec plusieurs compagnies d’assurance privées et mutuelles. Ces partenariats associent désormais les acteurs du Comité des assureurs du Togo (CAT), de la Fédération togolaise des assureurs-conseils (FETAC) et du Cadre national de concertation des mutuelles du Togo (CNCMUT) à la mise en œuvre de la couverture santé.

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L’idée n’est pas de déléguer la CMU au privé, mais d’enrichir le dispositif public par des offres complémentaires adaptées aux besoins spécifiques des populations. « L’assurance maladie universelle n’est pas une fin en soi, mais un processus évolutif fondé sur la complémentarité des acteurs et la confiance des citoyens », a rappelé Dissaliba Winga, représentant du ministre de la Santé lors de la cérémonie.

Ce cadre de collaboration instaure une gouvernance partagée, où les institutions publiques et les assureurs privés co-construisent des solutions plus diversifiées et résilientes. Pour Ingrid Awadé, il s’agit de répondre à l’évolution des besoins : « Nous avons posé des fondations solides, mais la réalité des besoins en santé évolue. D’où la nécessité d’une offre plus complète, co-construite avec le secteur privé ».

Un modèle de protection sociale en mouvement

Le projet d’Assurance Maladie Universelle, piloté conjointement par l’INAM et la CNSS, vise à garantir un accès équitable aux soins pour tous les Togolais, quel que soit leur secteur d’activité. En associant digitalisation, inclusion sociale et coopération public-privé, le Togo construit une architecture originale, à la fois centralisée dans sa gestion et souple dans ses mécanismes d’adhésion.

Dans ce processus, la technologie joue un rôle clé. La plateforme numérique de la CNSS permet non seulement l’enrôlement, mais aussi la traçabilité des contributions et des prestations, renforçant la transparence et la confiance dans le système.

Les réformes visent également à faire de la santé un levier de cohésion sociale et de stabilité économique. En réduisant l’impact des dépenses de santé sur les ménages, elles soutiennent la productivité et le pouvoir d’achat, tout en renforçant la résilience nationale.

L’expérience du Togo illustre une approche structurée de la mise en œuvre de la couverture santé universelle. En associant les institutions publiques, les acteurs privés et les travailleurs du secteur informel, le pays met en avant un modèle d’inclusion et de viabilité adapté au contexte africain.

Agence Ecofin

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