D’ici à 2030, la Banque mondiale va booster les investissements privés en Afrique à coups de garanties
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Le siège de la Banque mondiale à Washington.
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« Ce sont de nouveaux engagements ambitieux qui vont aider à construire des économies robustes et stables qui garantissent des emplois de qualité dans divers secteurs », déclare Tsutomu Yamamoto, directeur général de l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA). Cette structure de la Banque mondiale va doubler à 6,4 milliards de dollars ses garanties d’assurances en Afrique d’ici 2030, afin d’accélérer les investissements privés à travers le continent.
Concrètement, la Banque mondiale entend favoriser l’arrivée de 23 milliards de dollars de capitaux privés dans les principaux secteurs gourmands en talents dont l’agribusiness, l’énergie, les infrastructures, la santé, le digital, la finance et le commerce. Des secteurs qui regorgent également de nombreuses opportunités pour les investisseurs. Ces fonds serviront également à financer des projets dans le cadre de Mission 300, l’initiative portée conjointement avec la Banque africaine de développement (BAD) et la Fondation Rockefeller.
Pour l’institution de Bretton Woods qui positionne le secteur privé au cœur du défi démographique de l’Afrique, cet effort financier en vaut la peine pour un continent qui est souvent perçu de l’extérieur comme étant risqué. En 2050 en effet, le quart de la population mondiale sera africaine et la moitié sera âgée de moins de 25 ans, selon les projections des Nations Unies. Ce qui représente un avantage pour l’économie à travers le développement du secteur privé. « Ces garanties vont jouer un rôle important dans l’attractivité des investissements afin de créer des emplois nécessaires », souligne le dirigeant.
Alors que le risque politique a souvent déstabilisé des économies prometteuses dans plusieurs pays du continent, la perception du risque a fini par être généralisée à la région dans les études et rapports, donnant l’impression qu’il serait peu bénéfique de miser sur les marchés africains. Mais depuis la Covid-19, institutions et experts mènent un plaidoyer pour déconstruire cette perception négative généralisée du risque qui effraie les investisseurs, à tort. Selon ONU Commerce, le taux de rendement des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique est d’environ 11%, quand la moyenne mondiale est de 7% et que l’Amérique latine et l’Asie affichent 9%. Dans une publication datant de février 2025, la Banque africaine de développement (BAD) évoque la prime de risque en Afrique comme « un mythe coûteux qui freine les investissements en Afrique ». Active depuis 1988, la MIGA a, elle aussi, renforcé son action auprès des pays africains ces dernières années, afin de répondre aux sons de cloches appelant à rétablir le juste regard sur le risque. Et ce nouvel engagement en termes de garanties d’assurances est un coup d’accélérateur face aux objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies dont le terme arrive justement en 2030.