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Pétrole : le Nigeria tente à nouveau de relancer ses raffineries publiques

Olivier de Souza, Agence Ecofin

Publié le 06 mai 2026 à 09:55

Sur la dernière décennie, le Nigeria a investi plus de 21,3 milliards € dans la réhabilitation de ses raffineries publiques, sans résultat tangible.

Sur la dernière décennie, le Nigeria a investi plus de 21,3 milliards € dans la réhabilitation de ses raffineries publiques, sans résultat tangible.

DR

Le Quotidien Numérique

25 juin 2026

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Après des décennies d’échecs coûteux et sans résultat palpable, Abuja relance une nouvelle fois la réforme de ses raffineries publiques.

La société publique nigériane du pétrole (NNPC) a signé le 30 avril dernier, un protocole d’accord avec deux groupes industriels chinois pour relancer et moderniser les raffineries de Port Harcourt et Warri, deux actifs qui illustrent les défaillances du raffinage dans le pays ouest-africain. L’accord, conclu avec Sanjiang Chemical et Xingcheng Industrial Park, repose sur un modèle de partenariat technique avec prise de participation, qui vise à faire des partenaires des investisseurs directement exposés à la performance des installations.

Le dispositif couvre l’achèvement des travaux en cours, ainsi que l’exploitation et la maintenance des sites, avec un objectif de performance durable. Il prévoit également des extensions pour produire des carburants plus propres et à plus forte valeur ajoutée. L’ambition affichée est de transformer ces complexes en hubs énergétiques intégrés, associant raffinage, pétrochimie et valorisation du gaz, conformément aux standards internationaux.

Pour Bashir Bayo Ojulari, le PDG de la NNPC, « cette approche marque une rupture avec les programmes antérieurs. Le modèle introduit un partage des risques et des revenus, censé garantir discipline opérationnelle et efficacité, là où les précédentes campagnes de réhabilitation reposaient sur des contrats de prestation sans obligation de résultats ».

Des décennies d’investissements sans résultats

Cette nouvelle tentative survient après une longue série d’échecs. Sur la dernière décennie, plus de 25 milliards USD (plus de 21,3 milliards d'euros) ont été investis dans la réhabilitation des raffineries publiques nigérianes, sans résultat tangible. Malgré ces dépenses, les installations ont fonctionné autour de 30% de leur capacité, avec des arrêts fréquents et des préoccupations persistantes en termes d’efficacité et de transparence.

Cette sous-performance structurelle a contraint le Nigeria, pourtant parmi les principaux producteurs de brut en Afrique, à une dépendance massive aux importations de produits raffinés. Cette situation a longtemps pesé sur les réserves en devises et exposé le pays à la volatilité des prix internationaux.

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La montée en régime de la Dangote Refinery reconfigure le paysage. Avec une capacité de 650 000 barils par jour, cette infrastructure impose de nouveaux standards de compétitivité, accentuant la pression sur les raffineries publiques pour atteindre des niveaux comparables de coûts et de qualité.

La stratégie consiste globalement à réduire la dépendance aux importations et à stabiliser l’approvisionnement domestique pour préserver les réserves de change. Elle s’inscrit également dans une ambition plus large de développement industriel, à travers l’intégration du raffinage, de la pétrochimie et des industries gazières, afin de capter davantage de valeur localement.

Une relance qui attends encore des résultats concrets

Le protocole signé reste toutefois non contraignant et soumis à des négociations complémentaires, ainsi qu’à des validations réglementaires. Dans un secteur marqué par des annonces répétées sans traduction opérationnelle, la crédibilité de cette relance dépendra de la capacité à franchir rapidement des étapes concrètes, notamment en termes d’investissements effectifs et de mise en service des installations.

En misant sur un modèle fondé sur la performance et l’alignement des intérêts, Abuja tente de corriger les failles d’un système qui a longtemps fait de ses raffineries des gouffres financiers. L’enjeu est désormais de savoir si cette nouvelle approche permettra enfin de convertir un potentiel industriel largement inexploité en capacité productive durable.

Olivier de Souza, Agence Ecofin

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