L'Afrique du Sud veut réduire progressivement sa dépendance au charbon, en combinant montée en puissance du renouvelable et introduction du gaz comme énergie de transition.
Encore dépendante du charbon, l'Afrique du Sud planche sur la transition énergétique en tant que levier stratégique de développement. La nation arc-en-ciel mise aussi bien sur les sources renouvelables que sur le gaz.
Le 17 juin dernier, la major américaine Exxon Mobil a annoncé la signature d’un accord préliminaire pour fournir du gaz naturel liquéfié (GNL) à Zululand Energy Terminal (ZET). Ce terminal d’importation basé à Richards Bay doit permettre au pays d’accéder directement aux marchés mondiaux du GNL, alors qu’il fait face à l’érosion de sa production au charbon et au déclin des volumes de gaz importés par gazoduc depuis le Mozambique.
Il sera développé par un consortium réunissant Vopak Terminal Durban, filiale du néerlandais Royal Vopak, et Transnet Pipelines, l’opérateur public sud-africain d’infrastructures gazières. D’un coût de 1 milliard USD (environ 876,55 millions d'euros), le projet sera développé en deux phases.
La première prévoit un navire de stockage flottant (FSU) de 170 000 m³ et une unité de regazéification d’environ 3 millions de tonnes par an, avant une seconde phase qui ajoutera un réservoir de stockage à terre et portera la capacité totale à 4,5 millions de tonnes par an.
Une stratégie gazière offensive malgré les oppositions
L'accord avec Exxon Mobil constitue une nouvelle positive pour ce projet gazie. Début juin, Eskom, la compagnie publique de production et de distribution d'électricité, avait déjà signé un accord à long terme avec les opérateurs du Zululand Energy Terminal (ZET) pour s'approvisionner en GNL destiné à alimenter une centrale électrique au gaz de 3 000 MW à Richards Bay, qui devrait devenir l'un des plus grands projets « gas-to-power » du continent.
Selon cet accord, Eskom sera client « d'ancrage » du terminal, avec un accès ouvert pour l'importation, le stockage et la régazéification, afin de sécuriser les volumes nécessaires à l'alimentation de la centrale sur une durée prévue de 25 ans.
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Ces avancées viennent également conforter le gouvernement sud-africain, même si le projet fait face à un contexte juridique complexe. En septembre 2025, une haute cour sud-africaine avait annulé l'autorisation environnementale du projet, jugeant que les communautés isiZulu concernées n'avaient pas été suffisamment consultées avant l'approbation du terminal.
Les procédures réglementaires nécessaires à la relance du projet sont donc encore en cours. Cette décision de justice avait également entraîné un report de la décision finale d'investissement (FID) par le groupe néerlandais Vopak, spécialiste du stockage et de la gestion de terminaux. Celui-ci a reporté à 2028 la FID concernant le premier terminal de GNL d'Afrique du Sud, alors que l'entreprise prévoyait d'approuver le projet plus tôt cette année.
Une diversification du mix énergétique, entre renouvelable et gaz
Cette avancée sur le dossier de ZET s’inscrit dans un mouvement plus global de recomposition du mix énergétique sud-africain. Aujourd’hui encore, environ 80 % de l’électricité du pays est produite à partir du charbon, un héritage qui pèse lourdement sur les émissions de gaz à effet de serre et sur la qualité de l’air, tout en fragilisant le système électrique à cause du vieillissement rapide des centrales et de problèmes de maintenance chroniques.
Le gouvernement sud-africain affiche cependant la volonté de réduire progressivement cette dépendance, en combinant montée en puissance des renouvelables et introduction du gaz comme énergie de transition. Ces dernières années, des programmes comme le Renewable Energy IPP Procurement Programme (REIPPPP) ont permis de faire émerger un important pipeline de projets solaires et éoliens privés, soutenus par des institutions comme la Banque mondiale et d’autres bailleurs multilatéraux.
Dans le même temps, Pretoria a engagé des discussions pour bénéficier de financements climatiques concessionnels visant à accélérer la fermeture de certaines centrales à charbon les plus polluantes, tout en investissant dans les infrastructures de transport et de stockage nécessaires pour intégrer davantage d'énergies renouvelables dans le réseau.