Agrumes : l’Afrique du Sud supplante l’Espagne et devient le 1er exportateur mondial en 2025

Espoir Olodo, Agence Ecofin

L'Afrique du Sud est le 2nd exportateur mondial d’oranges fraîches, le 1er de pamplemousse et le 3e de citrons et de limes.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

L'Afrique du Sud est le 2nd exportateur mondial d’oranges fraîches, le 1er de pamplemousse et le 3e de citrons et de limes.
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En 2025, l’Afrique du Sud a officiellement pris la tête du classement mondial des exportateurs d’agrumes en volume, dépassant le leader historique, l’Espagne. Selon les données commerciales de la plateforme Trade Map du Centre du commerce international, la nation arcenciel a expédié 3,23 millions de tonnes d’agrumes (frais et secs), soit près de 28 % de plus qu’en 2024 et un nouveau record.
Pendant ce temps, l’Espagne a vu ses expéditions reculer à 2,98 millions de tonnes en 2025, passant sous le seuil symbolique des 3 millions de tonnes pour la deuxième fois seulement en vingt ans.
Le Département américain de l’agriculture (USDA) souligne que la campagne 2025/2026 a été en demi-teinte pour la filière orange dans le pays européen, avec une production qui a atteint son niveau le plus bas depuis 16 ans en raison de conditions météorologiques défavorables (pluies printanières, températures élevées durant les stades de développement des fruits et violentes tempêtes de grêle).
Alors que cette situation a pesé dans les volumes disponibles à l’export, favorisant l’Afrique du Sud, les analystes estiment que la performance du pays d’Afrique australe vient d’abord confirmer une montée en régime sur la dernière décennie. En effet, si en 2016, l’Espagne exportait deux fois plus que la nation arc-en-ciel en volume, l’écart s’est considérablement réduit quelques années plus tard, porté par des investissements soutenus dans les infrastructures de conditionnement et de logistique portuaire, le développement de nouveaux débouchés et l’augmentation de l’offre.
Avec une demande internationale soutenue, notamment pour les agrumes destinés à la transformation (jus, concentrés, etc.), de nouveaux vergers d’oranges, de citron et de pamplemousse ont été plantés sur les dernières années et sont entrés en production au niveau des principales régions de culture (Cap-Oriental, Limpopo, CapOccidental), boostant les volumes disponibles à l’export.
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Le pays est notamment le second exportateur mondial d’oranges fraîches derrière l’Egypte, le premier de pamplemousse et le troisième de citrons et de limes. Cette montée en régime de la filière agrumes s’inscrit dans un contexte plus large où l'Afrique du Sud a enregistré de bonnes performances à l’export en 2025. L’année dernière, le pays a expédié pour près de 15,1 milliards USD (près de 13 milliards d'euros) de produits agricoles, les agrumes étant l’un des principaux contributeurs, aux côtés du vin, des fruits à noyau et des fruits à coque.
Si les acteurs sud-africains ont le sourire, les observateurs soulignent que l’enjeu sera de consolider ce statut en 2026, dans un contexte moins favorable. Alors que l’Association sud-africaine des producteurs d’agrumes (CGA) vise un nouveau record à l’export, l’environnement international est plus incertain, entre tensions géopolitiques, perturbations du fret maritime et hausse des coûts logistiques notamment au MoyenOrient.
« Le Moyen-Orient a longtemps été un marché important pour nos agrumes. Les perturbations tant au niveau de la demande que du transport – ainsi que l’effet domino international des retards d’expédition – constituent des risques dont chacun doit être conscient. Les tarifs d’expédition, eux aussi, ont fortement augmenté. Dans le même temps, certains marchés du Golfe maintiennent des plafonds de prix sur les agrumes au détail, limitant la capacité des exportateurs à compenser ces coûts logistiques plus élevés », reconnaissait l’organisation, fin mars.
Sur un autre plan, la filière devra redoubler d'efforts pour améliorer ses recettes et obtenir un prix à la tonne plus rémunérateur sur ses principaux marchés que sont l’Union européenne (UE), les USA, la Russie et les Emirats Arabes Unis. En dépit de sa nouvelle couronne, les ventes du pays n’ont généré en 2025 que 2,5 milliards USD (environ 2,15 milliards d'euros), soit près de 60% de moins que l’Espagne (3,6 milliards d'euros).
Espoir Olodo, Agence Ecofin