Industries vertes : l’Égypte obtient un financement européen de 54 millions d'euros

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Champ d’éoliennes le long de la route Ain Sokhna-Hurghada, en Égypte.
Photo DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Champ d’éoliennes le long de la route Ain Sokhna-Hurghada, en Égypte.
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Le 23 novembre, l’Egypte a signé un accord de financement concessionnel et de subvention de 53,8 millions d’euros avec la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’Agence française de développement (AFD) pour soutenir le développement des industries vertes.
Dans le détail, cette enveloppe vise à appuyer des investissements destinés à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la consommation énergétique, tout en renforçant l’efficacité dans l’utilisation des ressources. Les secteurs ciblés — sidérurgie, ciment, chimie, agroalimentaire, gestion des déchets — figurent parmi les plus émetteurs.
Dans un tel contexte, la mise à niveau de ces industries s’impose autant pour des raisons économiques que pour des enjeux environnementaux. Il s’agit de se conformer aux standards internationaux, de diminuer les coûts de production et de maintenir l’accès aux marchés d’exportation, notamment européen, désormais soumis à des mécanismes comme le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM).
Ce financement s’inscrit dans le programme « Green Sustainable Industries (GSI) », d’un montant total de 271 millions d’euros, conçu pour accompagner la transition industrielle verte du pays. En juin dernier, dans le cadre de ce même programme, BEI Monde (la branche du groupe BEI dédiée aux partenariats internationaux et au financement du développement en dehors de l’UE) avait signé avec les autorités égyptiennes un accord portant sur 21 millions d’euros de subventions européennes pour décarboner l’industrie nationale, à travers des projets de réduction des émissions, de recyclage industriel et de promotion de modes de production plus durables.
Une partie des fonds servira également à moderniser et numériser les systèmes de suivi et de contrôle environnemental de l’Agence égyptienne des affaires environnementales (EEAA) afin de renforcer la surveillance, la transparence et l’application des normes.
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Plus largement, ce nouveau soutien financier intervient alors que le pays a repris ses importations de gaz naturel en 2024, après avoir atteint l’autosuffisance en 2018. Selon le ministère du Pétrole, les achats ont atteint 14,6 milliards m³, soit une hausse de plus de 70% par rapport à 2023, afin de répondre aux besoins en électricité et à ceux de l’industrie.
Face à cette dépendance au gaz naturel, les autorités ont accéléré depuis une décennie les investissements dans les énergies renouvelables. L’objectif est clair : porter la part du renouvelable à 42% du mix électrique en 2030 et 65% en 2040. La multiplication des projets solaires et éoliens, souvent menés en partenariat avec le secteur privé, a fait de l’Égypte l’un des leaders africains de la transition énergétique.
Selon des données officielles publiées en mai 2025, les capacités cumulées — projets opérationnels et en développement — atteignent 25 146,5 MW, dépassant déjà l’objectif initial de 21 000 MW fixé pour 2030. Le pays se classe ainsi deuxième en Afrique en capacité totale installée en énergies renouvelables, derrière l’Afrique du Sud, d’après un rapport publié en juillet 2025 par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).
Cette montée en puissance s’inscrit dans la Contribution Déterminée au niveau National (NDC) de l’Égypte pour 2030, dont le coût total est estimé à 246 milliards USD, répartis entre 196 milliards pour l’atténuation et 50 milliards pour l’adaptation. Pour mobiliser ces ressources financières, Le Caire prévoit non seulement de s’appuyer sur ses capacités internes, mais aussi de s’appuyer largement sur ses partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, la Banque mondiale et la BEI.
Espoir Olodo, Agence Ecofin
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