Cuivre : la hausse des prix soutient les revenus de la plus grande mine d’Afrique

Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Les perspectives de production maximale en 2026 pour la mine de cuivre de Kamoa-Kakula sont de 420 000 tonnes.
Photo DR

Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Les perspectives de production maximale en 2026 pour la mine de cuivre de Kamoa-Kakula sont de 420 000 tonnes.
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Le chiffre d’affaires du complexe cuprifère Kamoa-Kakula a progressé de 5% en glissement annuel pour atteindre 3,28 milliards USD (environ 2,8 milliards d’euros) en 2025. Alors qu’un incident sismique y a conduit à une baisse de la production cette année-là, avec un impact sur le volume de cuivre vendu, l’opérateur de cette mine située en République démocratique du Congo a bénéficié de cours plus élevés du métal rouge.
Avec sa capacité de production annuelle actuellement supérieure à 600 000 tonnes et destinée à dépasser 800 000 tonnes dans quelques années, Kamoa-Kakula est la plus grande mine de cuivre d’Afrique et la future deuxième plus grande au monde. Le canadien Ivanhoe Mines y détient 39,6% d’intérêts, tout comme le chinois Zijin Mining. Le gouvernement congolais a quant à lui une participation de 20%.
Dans les détails de ses résultats financiers publiés cette semaine, la compagnie minière canadienne indique avoir vendu 351 674 tonnes de cuivre en 2025, contre 396 972 tonnes en 2024, soit une chute de 11,4% en glissement annuel. En cause notamment, une baisse de 11 % de la production, consécutive à la suspension d’une partie des activités à Kamoa-Kakula.
L’incident sismique survenu en mai 2025 dans la section souterraine de Kakula a en effet conduit à l’arrêt des opérations minières dans cette zone et remis en cause les prévisions de la compagnie, qui ambitionnait de produire jusqu’à 580 000 tonnes sur l’année.
S’il a impacté la production et les volumes vendus, l’incident n’a pas entrainé de réduction des revenus générés par la mine, grâce à la hausse des prix du métal rouge. Le prix moyen réalisé par Ivanhoe en 2025 a ainsi progressé de 7,6% en glissement annuel pour atteindre 4,40 dollars (3,73 euros) la livre. Bien que la compagnie n’a pas atteint le niveau de revenus qu’elle pouvait espérer avec la production et les ventes initialement prévus, les prix plus élevés ont limité l’impact de l’interruption temporaire des activités. La tendance pourrait même durer encore quelques mois, voire années, eu égard au contexte international favorable pour le cuivre.
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Le prix du cuivre de référence à la bourse des métaux de Londres, en l’occurrence le contrat pour livraison dans trois mois, est en effet passé d’environ 9 000 USD (7 637 euros) la tonne en décembre 2024 à plus de 13 000 USD (11 000 euros) la tonne en janvier 2026. Selon la Banque mondiale, le prix moyen du métal rouge a augmenté de 5% entre le premier et le troisième trimestre 2025. Les observateurs expliquent ces prix élevés par les inquiétudes persistantes sur l’approvisionnement mondial, alimentées notamment par l’incident sismique à Kamoa-Kakula, ainsi que des perturbations dans d’autres grands sites miniers, à l’image de la mine de Grasberg en Indonésie.
À ces tensions sur l’offre s’ajoutent les craintes du marché liées à d’éventuels droits de douane américains sur le cuivre raffiné, dans un contexte où la demande reste soutenue par les secteurs traditionnels que sont la construction de logements, les équipements électriques et appareils électroménagers, mais aussi les besoins croissants liés à la transition énergétique (véhicules électriques et énergies renouvelables). Selon l’australien BHP, premier producteur mondial de cuivre, la demande cuprifère dans les centres de données pourrait être multipliée par six pour atteindre près de 3 millions de tonnes par an en 2050.
Avec le plan de développement à long terme établi par Ivanhoe Mines, Kamoa-Kakula devrait contribuer à satisfaire cette demande en hausse, tout en profitant des prix plus élevés induits par les risques de pénurie à l’horizon. Les analystes de S&P Global projettent un déficit à 24 % d’ici 2040, là où l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime qu’un déficit de 30 % pourrait survenir dès 2035. En attendant, la plus grande mine congolaise et africaine de cuivre devrait continuer de fonctionner en deçà de ses capacités, avec une production maximale de 420 000 tonnes attendue en 2026.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin