Mobilité électrique : pourquoi le Kenya, pionnier en Afrique, fait dans la valse-hésitation
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Un employé dans une usine d'assemblage de véhicules électrique au Kenya.
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Un employé dans une usine d'assemblage de véhicules électrique au Kenya.
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16%, c’est le taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) que le gouvernement kényan veut imposer à tout véhicule électrique et toute batterie lithium-ion importés. Inscrite dans le projet de loi de finances 2026 récemment dévoilé, cette mesure pourrait entrer en vigueur d’ici juillet de l’année en cours ou début 2027, en cas d’approbation. Si depuis lors, les autorités se gardent de prendre la parole publiquement sur le sujet, ce dernier fait couler beaucoup d’encre et alimente les débats au sein du secteur, sur fond d’inquiétudes.
Pétrole, climat, finances publiques… le dilemme
Et pour cause, le 2 février dernier en pleine crise du carburant, le gouvernement annonce la Politique nationale sur la mobilité électrique, visant à accélérer la transition vers les transports durables et assortie d’une série d’exonérations fiscales dont la TVA et une réduction - dans certains cas une annulation – des droits d’accise sur les véhicules et les batteries lithium-ion. Concrètement, la facture annuelle des importations de carburant explose, passant à environ 4,4 milliards de dollars en 2025, contre 2,7 milliards de dollars en 2021, selon le Bureau national des statistiques. Voulant réduire ces coûts qui pèsent sur les réserves de changes du pays, le gouvernement pense avoir trouvé sa solution. « La mobilité électrique est essentielle pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, diminuer la dépendance aux combustibles fossiles importés et favoriser la croissance économique grâce à la production locale et à la création d'emplois », a déclaré le ministre des Transports Davis Chirchir. Salué par les acteurs du secteur, ce plan national n’aura donc suscité qu’une satisfaction de courte durée.
Ce n’est pourtant pas la première fois que le gouvernement kényan tente d’instaurer une TVA sur les véhicules électriques et sur les batteries lithium-ion importés. A chaque fois, Nairobi rétropédale face à la levée de boucliers des acteurs du secteur. Une telle taxe « signifierait que les fabricants, les assembleurs et les vendeurs ne pourraient plus déduire la TVA sur la fourniture de motos électriques [qui représentent l’écrasante majorité des véhicules électriques en circulation dans le pays, ndlr] », fait remarquer l’Association de la mobilité électrique du Kenya, soulignant l’impact de cette mesure sur le prix pour les usagers. Mais derrière l’ambivalence affichée par Nairobi se cachent de profondes problématiques.