Maïs : en Afrique du Sud, la filière maïs se renforce à l’export

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Chargement de maïs destiné à l’exportation dans un port sud africain.
DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Chargement de maïs destiné à l’exportation dans un port sud africain.
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En Afrique du Sud, les perspectives s’annoncent reluisantes à l’export pour le maïs. Au cours de la campagne commerciale 2026/2027 qui a débuté en mai, la filière pourrait vendre près de 3 millions de tonnes de la céréale contre 2 millions de tonnes un an plus tôt. C’est ce qu’a estimé le 25 mai dernier Wandile Sihlobo, économiste en chef de la Chambre des entreprises agricoles (Agbiz). Un tel niveau marquerait la première hausse d’une année sur l’autre depuis la saison 2021/2022 où les expéditions avaient franchi le cap historique des 4 millions de tonnes.
Cette performance attendue s’explique d’abord par une bonne production qui a amélioré la situation commerciale de la filière. Pour la campagne 2025/2026, le pays a en effet récolté 16,8 millions de tonnes de maïs, un volume record (deuxième plus élevé de l’histoire) qui permet au pays de disposer d’un surplus confortable par rapport à sa consommation intérieure (humaine et animale), estimée à environ 14 millions de tonnes par an. À cette importance des stocks disponibles s’ajoute une demande sous-régionale qui, comme l’année précédente, devrait rester soutenue.
En Afrique australe, la nation arc-en-ciel est en effet le principal leader du commerce transfrontalier du maïs avec les exportateurs locaux qui cherchent à satisfaire la demande existante des clients de proximité comme le Mozambique, le Lesotho, le Botswana et le Zimbabwe.
Durant l’année écoulée, ce dernier pays a été d’ailleurs le marché le plus rémunérateur pour le maïs sudafricain, absorbant 39% des 2 millions de tonnes exportées par la première puissance industrielle du continent, soit environ 780 770 tonnes de maïs blanc et jaune, en raison d’une récolte locale insuffisante et d’une demande en progression.
Plus globalement, les acteurs sudafricains ont tout intérêt à miser sur l’environnement commercial régional dans la mesure où les ambitions de croissance sont plus limitées sur le marché asiatique, premier débouché régional sur ces 5 dernières années pour l’Afrique du Sud selon le Département américain de l’agriculture (USDA).
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En effet, la demande du maïs sudafricain reste faible sur plusieurs destinations phares de la zone que sont Taïwan, le Japon, la Corée du Sud et le Vietnam, avec les importateurs davantage enclins à se tourner vers d’autres acteurs de premier plan du commerce mondial que sont le Brésil, l’Argentine et l’Ukraine.
« Cette situation a réduit le besoin pour ces pays d’importer depuis un fournisseur aussi éloigné que l’Afrique du Sud », explique le responsable, qui souligne que la filière pourrait être boostée à l’export avec le phénomène El Niño qui s’annonce.
Cet épisode météorologique, qui se traduit par une hausse des températures de surface de l’océan dans les zones Est et Centre du Pacifique, pourrait s’accompagner de sécheresse et de précipitations inférieures à la moyenne dans plusieurs pays de la zone, ce qui réduirait leurs récoltes lors de la prochaine campagne.
Dans ce contexte, la demande d’importation pourrait s’orienter vers l’Afrique du Sud, qui est déjà un fournisseur de référence en Afrique australe. De quoi renforcer un peu plus le poids de la filière dans l’économie sudafricaine. Le pays, qui figure dans le top 10 des exportateurs mondiaux, a tiré 760 millions de dollars (environ 655 millions d'euros) en 2025 de ses ventes de la céréale, soit 5% des recettes agricoles totales.
Espoir Olodo, Agence Ecofin