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Kinshasa Kia Mona : le méga-projet à 46 milliards d'euros qui refaçonnera la capitale de la RDC présenté au MEDEF

Photo de Idriss Linge

Idriss Linge, Agence Ecofin

Publié le 23 février 2026 à 09:25

Le président Félix Tshisekedi lors du lancement officiel du projet, le lundi 22 décembre 2025.

Le président Félix Tshisekedi lors du lancement officiel du projet, le lundi 22 décembre 2025.

Présidence de la RDC

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Le 24 février dernier, les autorités congolaises en charge du projet d'extension de Kinshasa seront reçues par le MEDEF. Au menu : la présentation d'un chantier estimé à 46 milliards d'euros, structuré autour de partenariats public-privé et qui entend faire de la mégapole congolaise une ville « moderne, écologique et intelligente ». Une mission du MEDEF International est prévue en avril 2026 en RDC.

Alexis Gisaro Muyunvi, Vice-Premier Ministre en charge de l'urbanisme et de l'habitat en République démocratique du Congo, et Thierry Katembwe Mbala, coordonnateur principal du comité stratégique de supervision du projet d'extension de Kinshasa, seront, demain 24 février, les invités du syndicat patronal, français, le Medef, dans le cadre d'une rencontre avec le groupe de travail « Task Force Ville Durable ».

Près de 50 milliards d'euros d'investissement

Organisé et facilité par Carousel Finance, une société internationale spécialisée dans la structuration de projets d'infrastructure dans les pays en développement, cet événement sera l'occasion pour les deux responsables de présenter l'état actuel du projet « Kia Mona, nouvelle ville moderne, écologique, résiliente et intelligente », dont le montant global est estimé à environ 46 milliards d'euros. Pour la première phase, développée par des Chinois, la pose symbolique de la première pierre  a été effectuée le 22 décembre 2025 par le président Félix Tshisekedi.

Le développement du projet repose sur un ensemble de partenariats public-privé et donne lieu à des opportunités de contractualisation couvrant plusieurs secteurs représentés au Medef notamment les transports et mobilités urbaines, la numérisation et les services aux territoires intelligents, l'immobilier et le logement, l'énergie et les réseaux, la logistique, l'eau et l'assainissement, ainsi que l'industrie et les agro-industries. La rencontre du 24 février vise à permettre aux entreprises intéressées d'identifier les composantes sur lesquelles elles pourraient se positionner, d'échanger avec le coordonnateur sur l'état d'avancement et les modalités de contractualisation, de dialoguer avec Carousel Finance, en charge de la structuration financière, et de préparer la mission de MedefInternational en RDC prévue en avril 2026.

L’Europe déjà impliquée

Le projet n'est pas totalement nouveau dans les milieux d'affaires parisiens. Dès 20 avril 2025, certains acteurs avaient pu en apprendre davantage lors d'un déjeuner offert par l'ambassade de la RDC en France. Parmi les entreprises ayant envoyé des représentants, Carousel Finance, qui organisait également cet événement, cite, dans un communiqué, des groupes tels que CMA-CGM, Africa Global Logistics, KPMG, Accor, Nexans, Citi, Sunna Design, Dassault Systèmes, Eiffage et King & Spalding.

L'implication française s'est encore matérialisée début décembre 2025 avec la visite d'une équipe de Dassault Systèmes sur le site du projet, en vue d'intervenir dans la conception de l'architecture digitale. « La contribution de Dassault Systèmes au projet — notamment à travers les technologies de jumeaux numériques et les outils avancés de modélisation urbaine — constitue une étape fondamentale dans la structuration de l'ossature technique de la nouvelle ville », faisaient alors savoir les organisateurs.

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BPI France, la banque publique d'investissement qui accompagne les entreprises françaises dans leurs stratégies d'exportation et de développement à l'étranger, est également partie prenante de la composante pilotée par le duo formé par le marocain Travaux Généraux de Construction de Casablanca (TGCC) et le belge International Infrastructure Development Group (IIDG), qui vise à développer les infrastructures hospitalières liées au projet.

Les Chinois ont une longueur d’avance

Le moteur central du projet Kinshasa Kia Mona est la Cité industrielle sino-congolaise, portée par le consortium Sino East Trade (China East Africa Trade Development Co. Ltd.), qui prévoit un investissement de près de 11 milliards d'euros. Déployée sur 7500 hectares, cette zone industrielle projette l'implantation de 1 010 à 1 200 usines en cinq ans, réparties au sein de huit parcs thématiques couvrant notamment l'automobile, le textile et l'agro-industrie. L'objectif affiché est la création de 225 000 emplois directs et indirects sur dix ans, dont 30 000 dès 2026 avec la mise en service attendue de 160 unités industrielles. Un centre international de négoce viendra compléter l'écosystème afin de soutenir les exportations et d'intégrer la production locale aux chaînes de valeur régionales et mondiales. Lors de la pose de la première pierre, il était prévu que les travaux effectifs débutent au cours du premier trimestre 2026.

Autour de ce noyau industriel, on retrouve plusieurs composantes stratégiques visant à structurer une ville intégrée et autonome. Le projet de transport fluvial, piloté par la société congolaise MJ Center Village SARL, prévoit la liaison entre la Baie de Ngaliema (Kintambo) et Maluku grâce au déploiement de ferrys et de navettes urbaines, ainsi qu'à la construction de mini-ports et de débarcadères modernes le long du fleuve Congo, afin de fluidifier le transport de passagers et de marchandises.

La Cité intégrée, développée par le groupement sud-africain Tango's Group sur 1000 hectares, prévoit une première tranche de 3500 logements dans un cadre urbain intelligent intégrant des espaces verts, des établissements scolaires et des infrastructures sanitaires.

La Cité administrative et des affaires, confiée au groupe chinois CSCEC, comprendra des quartiers dédiés à la décentralisation des ministères, un centre d'affaires, des espaces commerciaux et des complexes de bureaux. S'y ajoutent un complexe hôtelier et touristique porté par le consortium belgo-marocain IIDG/TGCC en partenariat avec une enseigne internationale, ainsi qu'une centrale solaire développée par la société congolaise EKMM, destinée à garantir l'autonomie énergétique des bases-vie et des chantiers, en inscrivant le projet dans une dynamique de transition vers les énergies renouvelables dès sa phase de construction.

D'autres acteurs dans la course au désengorgement de Kinshasa

Avec une population aujourd'hui estimée à environ 20 millions d'habitants, Kinshasa est l'une des capitales les plus peuplées, mais aussi l’une des plus difficiles à vivre en Afrique. Ces derniers mois, le rythme des activités quotidiennes a été marqué par d'importants embouteillages, des inondations récurrentes et une mobilité qui peut rapidement devenir chaotique pour ses habitants.

À côté de la construction de cette nouvelle ville, il existe un plan directeur financé par la Japan International Cooperation Agency, l'institution de financement du développement du Japon, qui prévoyait une stratégie visant environ 29 milliards d'euros de dépenses aux coûts de 2018-2019. Le projet a été relancé lors de la visite d'une délégation japonaise auprès du ministre congolais des infrastructures et des travaux publics, qui a annoncé un prêt de près de 92 millions d'euros, visant à réactualiser le projet et à engager des réflexions sur la faisabilité, notamment sur le segment ferroviaire.

De même, le 14 février dernier, le gouvernement a remis à Jean-Pierre Van Erps, à la tête d'un consortium visant à construire une ligne de tramway souterrain à Kinshasa, un accord de principe signé. Parallèlement à cette initiative, une entreprise congolaise, Congo Trans S.A.R.L., développe un projet distinct portant sur trois lignes de tramway dans la capitale. Selon un document consulté par le média congolais « Bankable.Africa », l'investissement global est estimé à environ 189 millions d'euros.

Idriss Linge, Agence Ecofin

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