Le Nigeria et l’Éthiopie signent un partenariat dans le financement agricole

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Le protocole d'accord ouvre la voie à un renforcement des services de financement adossés aux récépissés d’entrepôt.
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Espoir Olodo, Agence Ecofin

Le protocole d'accord ouvre la voie à un renforcement des services de financement adossés aux récépissés d’entrepôt.
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Le jeudi 7 mai, le Système nigérian de partage des risques pour le financement agricole basé sur les incitations (NIRSAL) et la Bourse éthiopienne des matières premières (ECX) ont signé un protocole d’accord qui instaure un cadre officiel de coopération bilatérale en matière de financement agricole et de commerce de matières premières.
Cette convention couvre plusieurs domaines, dont l’intégration des systèmes d’assurance qualité, la modernisation du commerce de produits de base, des mécanismes de gestion des risques, les infrastructures de marché numériques, ainsi que l’échange de connaissances techniques.
D’après Mergia Bayissa, le directeur général de l’ECX, le protocole d'accord ouvre surtout la voie à un renforcement des services de financement adossés aux récépissés d’entrepôt (Warehouse Receipt System – WRS encore appelé warrantage), favorisant la mise en place de marchés plus transparents et plus performants dans les deux pays.
Cet instrument financier alternatif au financement bancaire classique, repose sur un principe simple : un agriculteur dépose sa récolte dans un entrepôt agréé et reçoit en échange un récépissé (souvent électronique) attestant la quantité et la qualité du produit stocké. Le document peut ensuite servir de garantie auprès des banques et institutions financières, permettant au détenteur d’accéder à un crédit de campagne sans être obligé de brader sa production immédiatement après la récolte. Ce dernier peut ainsi attendre un moment plus favorable pour vendre, réduire son exposition à la volatilité des prix, et mieux planifier ses investissements.
Fondée en 2008, l'ECX dispose d’un système déjà opérationnel. D’après le ministère éthiopien du Commerce et de l’Intégration régionale (MoTRI), 141 communautés agricoles ont pu obtenir environ 2,2 milliards de birrs de prêts (environ 12 millions d'euros) entre 2020 et 2025, en utilisant 55 316 tonnes de produits comme garantie.
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Le Nigeria, lui, en est à une phase plus précoce avec l’adoption de l’Investment and Securities Act (ISA 2025), un texte reconnaissant officiellement le récépissé d’entrepôt comme instrument financier et en encadrant l’utilisation via la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur du marché des capitaux.
L’Afrique de l’Ouest compte déjà plusieurs pionniers du système de récépissé d’entreposage. La Côte d’Ivoire fait figure de cas d’école. Le pays s’est doté dès 2015 d’une loi spécifique encadrant le mécanisme, et a créé l’Autorité de régulation du système de récépissés d’entreposage (ARRE), chargée de superviser les entrepôts agréés, d’assurer le contrôle qualité et de protéger les intérêts des différents acteurs.
Depuis cette date, l’institution étatique souligne que 1 759 récépissés d’entreposage couvrant un volume total d’environ 34 233 tonnes de marchandises, pour une valeur estimée à 17,9 milliards FCFA (environ 27,3 millions d'euros). Ce dispositif s’articule d’ailleurs avec l’ouverture, en 2025, d’une bourse des matières premières agricoles à Abidjan, la première du genre en Afrique de l’Ouest, et qui s’appuie sur des produits standardisés et des stocks certifiés pour encourager les échanges structurés.
Le Sénégal s’est lui aussi doté d’un cadre légal spécifique, avec la loi n° 201729 du 14 juillet 2017 portant système de récépissé d’entrepôt de marchandises. Le texte a créé l’Organe de régulation du système de récépissé d’entrepôt (ORSRE), placé sous la tutelle du ministère du Commerce et des PME, chargé d’agréer les entrepôts, de fixer les normes de stockage et de veiller au bon fonctionnement du dispositif.
L’objectif est de faciliter l’accès au crédit des producteurs de céréales, d’arachide et d’autres cultures commerciales, tout en améliorant la qualité des produits mis sur le marché.
Espoir Olodo, Agence Ecofin