Infrastructure clé des échanges économiques, le Transgabonais revient dans les priorités publiques. Les autorités gabonaises affichent leur volonté de renforcer un axe décisif pour la mobilité intérieure, l’activité industrielle et la compétitivité nationale.
Réuni en Conseil des ministres le 30 avril dernier, le gouvernement gabonais a adopté un projet de loi autorisant l’État à contracter un emprunt de 173 millions d’euros auprès de l’Agence française de développement (AFD) pour financer le Programme de modernisation et de sécurisation du Transgabonais. « À ce prêt s’ajoute une subvention de 30 millions d’euros de l’Union européenne, portant l’enveloppe globale à 203 millions d’euros », indique le gouvernement gabonais.
La convention de financement, signée le 23 novembre dernier, s’inscrit dans le prolongement du Programme de remise à niveau (PRN) soutenu par l’AFD depuis 2016. L’exécutif gabonais entend ainsi consolider les acquis de la première phase et accélérer la modernisation de cette infrastructure stratégique pour l’économie nationale.
Long de près de 648 kilomètres entre Libreville et Franceville, le Transgabonais représente l’épine dorsale du transport ferroviaire gabonais. Selon l’AFD, il assure chaque année le déplacement de plus de 300 000 passagers et l’acheminement de millions de tonnes de fret, reliant le port d’Owendo aux bassins miniers et forestiers de l’intérieur du pays. Pour les autorités comme pour leurs partenaires, la modernisation de cet axe est devenue un impératif économique autant que logistique.
L’Union européenne présente ce financement comme un projet structurant de connectivité, destiné à améliorer les liaisons entre les zones de production, les scieries et les pôles économiques du pays, dans le cadre de sa stratégie Global Gateway de financement d’infrastructures durables. Selon l’AFD, le Transgabonais traverse cinq des neuf provinces gabonaises et constitue un outil indispensable de développement économique et de cohésion territoriale. Sa modernisation s’inscrit dans le Plan national de développement pour la transition 20242026 du Gabon.
Ce qui doit changer
Le nouveau programme vise à fiabiliser et sécuriser durablement la ligne, tout en augmentant ses capacités. D’après l’AFD, le projet doit permettre de restaurer la capacité nominale de la voie à 16 sillons par jour, soit huit trains dans chaque sens, tout en améliorant la sécurité, l’efficacité et la fiabilité du transport ferroviaire pour les voyageurs comme pour le fret.
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Dans le détail, les investissements doivent couvrir la remise à niveau des infrastructures les plus critiques, la stabilisation de la plateforme ferroviaire, l’amélioration du transport de passagers ainsi que le renforcement des capacités de la Setrag (Société d’exploitation du Transgabonais), à laquelle l’État a accordé un quatrième avenant à la convention de concession de la gestion et de l’exploitation du chemin de fer Transgabonais signée le 6 mars 2025 avec la République gabonaise.
Eramet, maison mère de la Setrag, évoque notamment le remplacement de 270 kilomètres de rails et la poursuite du remplacement des traverses en bois par des traverses en béton. Le programme prévoit aussi la construction de 40 kilomètres de voies de déviation dans les zones instables, l’installation d’équipements de sécurité, l’acquisition de nouvelles rames voyageurs et la rénovation des gares d’Owendo et de Franceville.
Le projet traduit aussi une volonté de montée en puissance. Selon Eramet, l’objectif affiché par l’État gabonais est de porter les volumes transportés à 21 millions de tonnes de fret par an dès 2029, contre environ 9 millions actuellement. Une ambition qui suppose, audelà du financement annoncé, une exécution rigoureuse des travaux et une gouvernance claire entre l’État, les bailleurs et l’exploitant ferroviaire.