Après plusieurs mois de travaux, la filière de la noix s’est dotée d’une association nationale en mars dernier, rassemblant les deux principales appellations du Sud-Est et Sud-Ouest de l’Hexagone. Objectif : se faire entendre auprès du ministère de l'Agriculture, en particulier à l’égard des accords commerciaux où la filière se sent aujourd’hui « sacrifiée ».Elle produit annuellement 40.000 tonnes de noix, dont la moitié de sa production est exportée (sous la forme de coques) vers le marché européen. Deuxième verger de France (après le verger de pommiers), la filière de la noix, réunissant près de 5.000 producteurs à l’échelle nationale, vient de se réunir depuis quelques mois au cœur d’une nouvelle structure : l’A2NF (Association nationale noix de France).
Partagée à parité entre ses deux grands bassins de production, la Noix de Grenoble (Sud-Est) et la Noix du Périgord (Sud-Ouest), cette nouvelle association de producteurs a déjà plusieurs défis sur la table : déjà tiraillée entre une forte concurrence internationale (Chili, États-Unis, Ukraine) ainsi que des coûts de production élevés (liés au cassage manuel des cerneaux), elle connaît aussi depuis plusieurs mois des volumes de production en baisse, compte-tenu des conditions climatiques, ainsi qu’une compétitivité en berne depuis l’annonce des nouveaux droits de douane entrés en vigueur avec les Etats-Unis de Donald Trump.
« Si notre récolte s’est bien déroulée, avec une météo favorable qui a permis de faire murir et tomber les fruits, on observe globalement une réduction du volume récolté. Les chaleurs du mois de juin ont en effet bloqué la phase de grossissement des fruits et entraîné des noix de qualité mais plus petites et donc, moins de quantité en bout de ligne », explique Christian Nagearaffe, producteur de noix de Grenoble à Montmiral, dans le Nord-Drôme et président de cette nouvelle Association nationale Noix de France (A2NF).
Une filière qui s’estime « sacrifiée »
« Nous ne sommes pas inquiets sur le marché domestique, où la qualité de la récolte peut compenser la petite taille des fruits, mais les choses sont plus compliquées à l’export, où les noix de petit calibre trouvent moins bien leur marché face aux noix américaines ou chiliennes. Et ce sera encore plus difficile avec les droits de douane américains », rapporte Christian Nagearaffe.