Crédit privé : Blackstone freine à son tour les retraits face à la défiance des investisseurs

Le crédit privé a connu une expansion rapide ces dernières années.
/FW1FP/Rod Nickel - REUTERS - Mike Segar

Le crédit privé a connu une expansion rapide ces dernières années.
/FW1FP/Rod Nickel - REUTERS - Mike Segar
La mécanique du crédit privé continue de livrer ses fissures. Blackstone a annoncé jeudi limiter les retraits de son fonds phare dédié à cette classe d’actifs, après une hausse marquée des demandes de rachat de la part des investisseurs. Un signal supplémentaire des inquiétudes qui montent autour d’un secteur longtemps présenté comme l’un des grands relais de rendement de la finance mondiale.
Selon le gestionnaire, les porteurs de parts du fonds — qui finance des entreprises en leur prêtant directement, en dehors du circuit bancaire traditionnel — ont demandé à récupérer 10 % de leurs investissements au deuxième trimestre. Un niveau en hausse par rapport au début d’année, révélateur d’un mouvement de prudence croissant.
Face à cette pression, le groupe a choisi de resserrer les conditions de liquidité. Il n’acceptera finalement que la moitié de ces demandes de retrait. Une décision qui illustre un mécanisme désormais bien connu dans l’univers du non-coté : des actifs peu liquides adossés à des promesses de sortie encadrées, mais qui se heurtent à la réalité des flux en période de tension.
« Un tour de vis semblable à celui effectué par d’autres acteurs du secteur », souligne Blackstone, assumant implicitement une normalisation des restrictions de liquidité dans le crédit privé. Ces ajustements, déjà observés chez plusieurs gestionnaires comme BlackRock ou Partners Group, traduisent la difficulté croissante à faire coïncider la nature illiquide des prêts aux entreprises avec les exigences de retrait des investisseurs institutionnels.
Derrière ce rééquilibrage technique, c’est tout un segment du marché qui interroge sa résilience. Le crédit privé a connu une expansion rapide ces dernières années, porté par la quête de rendement dans un environnement de taux mouvants et par le retrait relatif des banques traditionnelles sur certains segments de financement.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Mais cette croissance accélérée s’accompagne désormais d’un test de liquidité. La hausse des demandes de rachat suggère un début de repli de certains investisseurs, ou au minimum une volonté de reprendre la main sur leur exposition à une classe d’actifs devenue systémique dans le financement des entreprises.
La BCE, dernier verrou européen entre UniCredit et sa cible Commerzbank
Biens mal acquis au Liban : la banque HSBC mise en examen à Paris
Banques : pourquoi l'Europe reporte les règles de Bâle III sur les risques de marché
SpaceX prévoit de lever 75 milliards de dollars : comment les investisseurs tentent déjà de profiter d'une introduction en Bourse record