Turbulences dans le crédit privé : la BCE redoute un effet domino
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Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d'Italie et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.
/FW1FP/Kevin Liffey - REUTERS - Remo Casilli
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Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d'Italie et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE.
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Le secteur du crédit privé, longtemps porté par l’abondance de liquidités et la quête de rendement, se retrouve sous surveillance accrue des autorités monétaires. Jeudi, Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d’Italie et membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a mis en garde contre des vulnérabilités croissantes, dans un contexte de tensions persistantes sur les marchés de l’énergie.
S’exprimant lors d’une conférence à Rome, le banquier central a pointé des déséquilibres potentiels au sein du crédit non bancaire, un segment en forte expansion ces dernières années. « Les niveaux d’endettement et de liquidité, dans certains segments [du marché du crédit non-bancaire, ndlr] pourraient s’avérer insuffisants en période de tensions aiguës », a-t-il déclaré.
Cette alerte intervient alors que les marchés de l’énergie restent sous pression, alimentant une volatilité accrue sur l’ensemble des actifs financiers. Dans cet environnement instable, les structures de financement les plus exposées pourraient jouer un rôle d’amplificateur des chocs. « Face à une forte volatilité et à une grande incertitude, les vulnérabilités préexistantes pourraient devenir des canaux par lesquels les chocs sont amplifiés », a ajouté Fabio Panetta.
Ce signal d’alerte intervient alors que le marché mondial du crédit privé, estimé à près de 2 000 milliards de dollars, traverse une phase de turbulences inédites. Le crédit privé — qui regroupe notamment les fonds de dette et les prêts directs aux entreprises en dehors du circuit bancaire traditionnel — a connu une croissance rapide depuis la crise financière de 2008, profitant du durcissement réglementaire imposé aux banques.
Or, depuis plusieurs semaines, les grands gestionnaires d’actifs font face à une montée des demandes de retrait, contraignant certains acteurs comme Blackstone, BlackRock ou Morgan Stanley à encadrer, voire limiter, les sorties de capitaux pour préserver la liquidité de leurs fonds.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

En parallèle, une succession de défauts — de l’équipementier First Brands au spécialiste du crédit subprime Tricolor — a ravivé les inquiétudes sur la qualité des actifs et la solidité des modèles de risque. La contagion commence à toucher les banques, de UBS à Barclays, exposées à ces segments moins régulés. Si le caractère systémique n’est pas encore avéré, la défiance des investisseurs s’installe, alimentée par l’opacité persistante des valorisations et les premières dépréciations observées, notamment chez JPMorgan Chase.
Les tensions observées ne présentent pas, à ce stade, de caractère systémique. Elles révèlent néanmoins des fragilités latentes, susceptibles de se propager en cas de choc exogène majeur. Pour la BCE, l’enjeu est clair : éviter que ces « poches de risque », encore contenues, ne deviennent un facteur de déstabilisation plus large du système financier européen. Dans un contexte où l’incertitude géopolitique et énergétique reste élevée, la vigilance s’impose plus que jamais.
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