Le CAC 40 chute nettement, écrasé entre les menaces de Trump et la croissance chinoise

Le CAC 40 a perdu 2 % à l'ouverture ce lundi.
BT/JS - REUTERS - Benoit Tessier

Le CAC 40 a perdu 2 % à l'ouverture ce lundi.
BT/JS - REUTERS - Benoit Tessier
Lundi 19 janvier est censé être le jour le plus déprimant de l'année. En tout cas, c'est peut-être le cas pour les investisseurs qui ont vu les bourses ouvrir en nette baisse. Vers 16h30, le CAC 40 perdait 1,74 % quand la Bourse de Francfort chutait de 1,20 % et celle de Londres affichait -0,34 %. Dans le détail, Hermès, Kering ont baissé de plus de 3 % quand LVMH et STMicroelectronics ont dévissé de plus de 4 %.
Ce mauvais début de semaine est tiré par des annonces venant de l'autre côté de l'Atlantique. Mécontent de la riposte européenne face à la volonté des États-Unis de s'emparer du Groenland, Donald Trump a menacé, ce week-end, plusieurs pays opposés à son projet d'annexion. Le président américain a déclaré qu'il imputerait 10 % de droits de douane supplémentaires à huit pays, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, à partir du 1ᵉʳ février. Il a aussi affirmé que ces nouvelles taxes pourraient grimper à 25 % au 1ᵉʳ juin.
Une menace qui a amené les Européens à répondre. Le président français Emmanuel Macron veut demander à Bruxelles l'activation de l'instrument anti-coercition de l'UE, permettant en particulier de limiter les importations provenant d'un pays, l'accès à certains marchés publics, et de bloquer certains investissements. Une autre réponse possible serait de réactiver les mesures de représailles sur 93 milliards d'euros de marchandises américaines, qui avaient été suspendues après la conclusion, à l'été 2025, d'un accord commercial entre Washington et Bruxelles.
Bref, « les menaces américaines sur plusieurs pays européens ravivent les craintes d’une escalade protectionniste à un moment déjà délicat pour la croissance », relève John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Si pour le moment, rien n'est encore décidé, « les bases d'une potentielle correction (baisse des cours NDLR) boursière importante sont en train d'être posées », craint Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank. D'autant que cette fois-ci « le Secrétaire au Trésor, Scott Bessent, s’est montré très agressif alors qu'il a pour habitude de tempérer les propos de Trump pour ménager les marchés », note Alexandre Baradez.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Et cette nouvelle escalade des tensions géopolitiques arrive à un moment particulièrement mal choisi. La Bourse de Paris doit en effet déjà digérer les chiffres de la croissance chinoise publiés cette nuit. Or, si le PIB a atteint son objectif de 5 % de croissance en 2025, selon le Bureau national des statistiques (BNS), il s'agit d'une des croissances les plus faibles depuis des décennies, hors pandémie. Surtout, le tableau est assombri par les chiffres du dernier trimestre de 2025 au cours duquel l'économie n'a crû que de 4,5 %.
L'économie chinoise reste confrontée à une série de défis, dont une consommation des ménages durablement atone et une crise persistante dans le secteur immobilier. Les ventes au détail, indicateur clé de la consommation, ont ainsi augmenté en décembre de 0,9 % sur un an, à leur rythme le plus lent depuis presque trois ans et la sortie des restrictions liées au Covid-19, indique le BNS.
Or, un grand nombre d'entreprises cotées à la Bourse de Paris réalisent une partie de leurs bénéfices dans l'ex-Empire du milieu. C'est du moins le cas pour les valeurs du luxe.
LVMH, Kering ou encore L'Oréal tirent un tiers de leurs revenus en Chine et comptent sur un rebond de la consommation dans le pays pour renouer avec la croissance. Un espoir qui s'affaiblit.