À la veille du second tour des élections municipales, la filiale de la Maif sort du bois sur la « garantie émeute obligatoire » et les « foyers d’inassurabilité ». Longtemps en situation de duopole avec Groupama, la compagnie, éprouvé par les catastrophes naturelles, n’est pas encore rentable mais applaudit le retour à la concurrence.Une garantie obligatoire contre les émeutes sur tous les contrats dommages : l’amendement gouvernemental a été ajouté au dernier moment au projet de loi de finances 2026. Celui-ci a aussitôt été perçu soit comme une nouvelle taxe pour les particuliers, soit comme une déresponsabilisation de l’État.
« Il n’est en aucun cas question de créer une nouvelle taxe, mais de créer une certaine forme de solidarité entre assureurs [c’est-à-dire] entre ceux qui continuent à le faire — la majorité des contrats intègre une assurance antiémeute — et ceux qui ne souhaitent plus le faire », a rétorqué, mi-janvier à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure.
Couvrir les collectivités trop exposées
Parmi ceux qui continuent à le faire figure la filiale de la Maif, la compagnie Smacl Assurances. « Nous militons pour que soit mis en place ce fonds et nous allons tout faire pour que ce soit le plus rapidement possible. C’est une bonne idée », défend mordicus, ce mercredi en conférence de presse, le directeur général, Patrick Blanchard. « Nous nous sommes déjà couverts en mettant en place des franchises élevées », ajoute-t-il.
D’autant plus que, pour l’instant, les décrets d’application n’ont pas encore été publiés au Journal officiel. « Ils devraient être promulgués avant l’été pour une mise en œuvre le 1er janvier 2027 », reprend Patrick Blanchard. Relancé par La Tribune sur la définition de l’émeute qui fait tant débat, le patron de la Smacl estime que l’État décidera au moment t. « Il doit exister quelque chose pour couvrir les collectivités trop exposées aux coûts », martèle-t-il encore.