La douzième édition du Futur Risks Report confirme la défiance croissante des opinions vis-à-vis des autorités et des gouvernements pour faire face à la multiplicité des crises. Quitte à remettre en cause la démocratie.Année après année, le constat est le même… en pire. La douzième édition de la vaste étude sur les risques du futur, menée par l’assureur AXA et Ipsos dans de nombreux pays auprès de citoyens mais aussi d’experts, souligne plus que jamais un monde en polycrises – climatiques, cyber, guerres…. – face auquel les autorités publiques semblent de plus en plus désarmées.
Cette perception date de l'après-pandémie mais s’affirme de plus en plus, tant auprès des 23.000 citoyens interrogés dans 18 pays qu’auprès des 3.600 experts du risque dans 57 pays.
« Il n’est pas certain que les autorités gouvernementales et les pouvoirs publics aient parfaitement bien pris conscience de la force et des impacts de ce sentiment désormais globalisé », soulignent les auteurs de l’étude. C’est peut-être ce qui explique « que la confiance dans les différents acteurs publics pour les protéger contre les risques qu’ils craignent le plus » soit aujourd’hui « très basse ». De quoi nourrir, alerte le rapport, « les extrémismes, le populisme et le chacun pour soi ».
Le climat toujours risque numéro un
Dans la hiérarchie des risques, peu de bouleversements à noter. Alors que la tentation politique est grande de lâcher sur les « réglementations vertes », dans le sillage d’une administration américaine qui nie ouvertement le principe même de réchauffement climatique, le risque climatique reste en première position, aussi bien auprès du grand public que parmi les experts (depuis 2018 pour ces derniers).
L’idée d’une certaine lassitude face aux enjeux climatiques dans les opinions publiques est largement surinterprétée, estime l’étude. Mais les écarts de perception des dix principaux risques se resserrent de plus en plus. Autrement dit, les principaux risques sont de plus en plus redoutés de manière équivalente. Ainsi, les crises géopolitiques, les risques cyber, l’IA, la perte des données personnelles, les tensions sociales et les émeutes sont cités juste après le changement climatique.