Société générale : la forte hausse de salaire du directeur général fait bondir les syndicats

Parmi les banques ivoiriennes les plus exposées à la dette sur titres du Sénégal, la Société Générale de Côte d’Ivoire.
Société Générale

Parmi les banques ivoiriennes les plus exposées à la dette sur titres du Sénégal, la Société Générale de Côte d’Ivoire.
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La possible envolée du salaire de Slawomir Krupa provoque « l'incompréhension » des syndicats à la Société générale, après que le conseil d'administration a proposé une hausse de 45 % de la rémunération de son directeur général, à 2,4 millions d'euros par an dès 2026.
« Sur proposition du comité des rémunérations, la rémunération fixe annuelle de Slawomir Krupa en qualité de directeur général, fixée à 1,65 million d'euros depuis sa nomination par le conseil d’administration du 23 mai 2023, serait portée à 2,4 millions d'euros à compter du 1ᵉʳ janvier », selon un document sur le site de la banque, révélé vendredi par L'Agefi et Les Échos.
La rémunération fixe n'est qu'un élément puisque le dirigeant bénéficie également d'une part variable dont le montant annuel peut atteindre, au maximum, 140 % de la rémunération fixe, rappelle le conseil d'administration réuni le 25 février. La nouvelle rémunération du directeur général sera soumise au vote lors de l'assemblée générale le 27 mai.
Cette proposition est « en décalage total avec les arguments exprimés par la direction durant les NAO [négociations salariales annuelles obligatoires] », a réagi le délégué national de la CFTC, Jean-Benoît Robitaillie, auprès des Échos, tandis que la proposition est jugée « honteuse » par la déléguée nationale de la CFDT, Johanna Delestré.
Pour justifier cette envolée de la rémunération fixe, le conseil d'administration évoque « une performance exceptionnelle de la banque depuis la nomination du directeur général et très supérieure aux attentes », toujours selon ce document.
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Et de citer « le dépassement de toutes les cibles annoncées au marché pour 2025 (croissance des revenus, maîtrise des coûts, coût du risque, rentabilité) », « une progression du cours de l’action de 183 % entre la nomination » de Slawomir Krupa en mai 2023 et le 31 décembre 2025, « l’exécution réussie du plan de transformation du groupe », etc.
En difficulté en 2023, la banque Société générale s’est redressée depuis l’arrivée de son nouveau directeur général, Slawomir Krupa, et peut désormais se féliciter d’avoir atteint en 2025 des niveaux records de revenus et de bénéfice net.
La banque a réalisé un bénéfice net record de 6 milliards d'euros en 2025, en hausse de près de 43 % par rapport à l'an dernier, et son produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires pour le secteur, atteint 27,2 milliards d'euros (+1,7 %). D'octobre à décembre, le bénéfice net du groupe s'établit à 1,4 milliard d'euros, en hausse de 36 % par rapport au quatrième trimestre 2024, tandis que le PNB croît de 1,6 % à 6,7 milliards.
La banque au logo rouge et noir, qui impute ces résultats à la bonne performance commerciale et financière qu'elle a connue en 2025, revient de loin.
Slawomir Krupa, arrivé en mai 2023 à la tête d'une entreprise en crise, l'a recentrée sur les activités les plus rentables en multipliant les cessions, et a lancé un plan d'économies tous azimuts. Cela a bénéficié au cours de l'action, qui a enregistré la meilleure performance du CAC 40 l'an passé, gagnant 153 %, et a triplé (+228 %) depuis fin mai 2023.
Mais dans le même temps, la Société générale a annoncé fin janvier un projet de réorganisation qui prévoit la suppression de 1 800 postes en France d'ici à fin 2027, sans procéder à un plan de départs. Le groupe, qui compte 40 000 collaborateurs en France, a indiqué que ce projet s'appuierait sur des « départs naturels » et de la « mobilité interne ».
La CGT avait dénoncé une « politique du fait accompli ». « Pour la direction, le taux d'attrition naturel de 5 % (départs volontaires ou en retraite, NDLR) et la faiblesse d'ouvertures de postes au recrutement font qu'il n'y aurait pas besoin de dispositifs d'accompagnement que nous connaissions jusqu'à présent (départs seniors, plan de départs volontaires, reclassements volontaires, …) », avait déploré l'organisation syndicale.
(Avec AFP)