La commission économique du Parlement européen vote ce mardi pour l’adoption d’un texte législatif encadrant la création de l’euro numérique, avant un vote en séance plénière prévu début juillet. Une fois le cadre réglementaire adopté en trilogue, l’émission d’un euro numérique pourrait se généraliser en 2029.La commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen, présidée par Aurore Lalucq, vote aujourd’hui le cadre législatif de l’euro numérique, un projet porté depuis cinq ans par la Banque centrale européenne, et ardemment défendu par l’exécutif européen à Bruxelles.
Ce vote s’appuie sur le rapport de décembre dernier de l’eurodéputé Fernando Navarrete, largement amendé par des mois de débats intenses sur les enjeux de souveraineté, de numérisation de l’économie, de stabilité financière, de protection de la vie privée mais aussi d’adhésion des consommateurs et des commerçants à un projet encore trop peu connu.
Un vote positif ne fait désormais guère de doute pour aboutir à une adoption du texte en séance plénière début juillet. « Nous sommes raisonnablement optimistes », nous confiait fin mai un banquier central. Ce n’était pas gagné d’avance. Mais l’élection de Donald Trump et surtout les sanctions américaines à l’encontre d’un juge français de la CPI, Nicolas Guillou, l’empêchant d’utiliser une carte Visa ou Mastercard, ont levé bien des hésitations au sein de la représentation européenne.
Un enjeu politique
« Le sujet n’est plus technique, il est devenu politique. L’euro numérique est un mantra pour affirmer une souveraineté européenne dans les paiements », observe Hervé Sitruk, président de France Payments Forum, une association qui regroupe les acteurs des paiements en France. Ce cadre réglementaire définit tous les éléments structurants de la monnaie numérique, son cours légal, son modèle économique, le régime en termes de confidentialité, les modalités de distribution, mais aussi son articulation avec les solutions privées de paiement, comme Wero.