2025, LE BASCULEMENT. L’année écoulée a vu des avancées spectaculaires des banques françaises en matière d’infrastructures capables d’intégrer les cryptoactifs dans leur modèle. Mais 2026 risque aussi de redistribuer plus clairement les cartes du pouvoir monétaire.Il y a des signes qui ne trompent pas. Depuis quelques mois, une réorganisation des cadres a lieu au sein de Forge, la filiale de la Société générale spécialisée dans les cryptoactifs. De récents « transfuges » issus de la banque traditionnelle rejoignent ce pionnier de la nouvelle finance numérique. Leur feuille de route est précise. En plus d’une supervision stratégique de l’enseigne sur sa jeune entité créée en 2020, ces mouvements internes doivent accélérer les synergies entre l’ancien monde de la finance et celui présenté comme l’avenir des échanges.
Dans le sillon de Forge, qui mise sur des stablecoins — des jetons numériques adossés à l’euro et, depuis peu, au dollar —, les banques françaises ont compris qu’en 2025, le vent de la finance a tourné. Du simple « POC » (proof of concept), elles comptent désormais passer à l’industrialisation.
Reste à déterminer, parmi la gamme des nouvelles offres de la finance sur les blockchains, laquelle sera la plus porteuse. Alors que le mouvement d’institutionnalisation de la crypto est enclenché et que le trading de bitcoins est déjà entre les mains de plateformes d’échanges ultra-agressives (Coinbase, Binance, Kraken…), peu ont misé sur de nouveaux débouchés dans la banque de détail. Seuls les groupes BPCE s’y aventurent depuis décembre 2025 avec une offre d’achat de cryptos intégrée aux applications Banque populaire et Caisse d’épargne, tandis que BoursoBank a opté pour l’exposition au moyen de produits dérivés (ETN) depuis mars.