Quand la crainte d’une bulle tech se déplace sur les marchés de crédit
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Jamie Dimon, directeur général de JP Morgan Chase, s’inquiète du comportement de certains prêteurs.
Reuters
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Jamie Dimon, directeur général de JP Morgan Chase, s’inquiète du comportement de certains prêteurs.
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« Nous sentons une certaine tension », nous confie un grand banquier français. Comment expliquer autrement le fly to quality (fuite vers la qualité) qui pousse le rendement de l’obligation souveraine américaine à 10 ans sous les 4 % alors qu’il frôlait les 4,30 % en début de mois ? Personne n’avait vu venir une telle baisse. Idem pour l’obligation de référence allemande qui chute dans les mêmes proportions.
« Il y a moins d’appétit pour le risque », lance avec euphémisme un gérant obligataire. « À des données macroéconomiques passables sont venus se greffer un climat peu favorable autour de l’IA [intelligence artificielle], et des fonds privés qui n’ont pas voulu honorer des rachats, ce qui n’est jamais bon signe », ajoute-t-il.
La semaine dernière, alors que Wall Street traquait les « perdants de l’IA », l’inquiétude s’est propagée cette semaine au monde du crédit, et notamment du crédit privé. Ce secteur est évalué à 1 800 milliards de dollars aux États-Unis.
Boaz Weinstein, de Saba Capital, a alerté dans les médias sur un risque de « déraillement » des fonds de crédit privés. Son fonds veut prendre des positions dans des fonds privés gérés par Blue Owl. Or, ce gestionnaire est très exposé au secteur de la tech et a dû limiter les rachats dans certains de ses fonds, faisant dévisser son cours de Bourse.
La crainte des investisseurs se porte désormais sur un risque de liquidité de la dette privée, surtout celle exposée au secteur des logiciels, particulièrement éprouvé en Bourse par des stratégies d’arbitrage.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.
