Après « Taco », les marchés donnent à Trump un nouveau surnom : « Nacho »

Les marchés ont trouvé un nouveau surnom au président américain : " NACHO Trump ".
REUTERS - Evelyn Hockstein

Les marchés ont trouvé un nouveau surnom au président américain : " NACHO Trump ".
REUTERS - Evelyn Hockstein
Oubliez l’acronyme « TACO Trump », qui signifie « Trump always chickens out » (Trump finit toujours par se dégonfler, en français). Les marchés ont trouvé un nouveau surnom au goût d'un plat mexicain au président américain : « Nacho Trump ». En anglais, « Nacho » est le diminutif de « Not a Chance Hormuz Opens », soit « aucune chance que le détroit d’Ormuz ouvre » en français. Une référence directe au blocage du détroit d’Ormuz et aux menaces échangées entre l’Iran et les États-Unis. Près de 20 % de l'or noir mondial circule par ce détroit et le blocus a enflammé les prix des barils de pétrole qui dépassent les 100 dollars.
« On pensait avoir affaire à un Taco […]. Mais pour l'instant, on a plutôt un Nacho », a publié sur X un chroniqueur chez Bloomberg, Javier Blas. Il indique avoir récupéré cette expression d’un trader.
Une expression qui prête à sourire mais qui décrit une réalité plus sombre : celle que la situation au Moyen-Orient et notamment le blocage du détroit pourraient se prolonger. De quoi continuer à pousser les prix du pétrole vers de nouveaux sommets et perturber davantage l’économie mondiale. Une possibilité de plus en plus intégrée par les marchés.
Malgré un cessez-le-feu depuis trois semaines, le détroit d’Ormuz reste bloqué et les négociations s’enlisent. L’armée américaine continue également son blocus sur les ports iraniens et les pétroliers et pourrait le faire pendant « plusieurs mois », selon les déclarations de Trump lors d'une réunion à la Maison-Blanche avec des dirigeants du secteur pétrolier. Selon le média Axios, Trump devait être briefé ce jeudi pour mener d’éventuelles opérations militaires en Iran, avec notamment la possibilité de prendre le contrôle du détroit d’Ormuz.
Le terme Taco a été inventé par un éditorialiste du Financial Times pour montrer que le président américain a tendance à revenir sur ses menaces lorsque les marchés sont véritablement sous pression.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Plusieurs économistes ne valident cependant pas la théorie du Taco, utilisée au moment de la mise en place des droits de douane américains. « En réalité, Trump n'a pas renoncé à sa politique tarifaire destructrice, même s'il a fait un pas en arrière dans son bras de fer avec la Chine », argue dans son billet quotidien le prix Nobel d’économie Paul Krugman. Même son de cloche de l’économiste Sylvain Bersinger, fondateur du cabinet Bersingéco. « Trump est tellement erratique que l’acronyme Taco n’est pas forcément vrai, il a beaucoup reculé mais a finalement mis des droits de douane très importants », confie-t-il à La Tribune.
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Mais les marchés essayent désormais d’anticiper les moments « Taco » et les investisseurs intègrent les possibles volte-face de Trump dans leur stratégie. Deutsche Bank a même mis au point un indice de pression sur le président qui comptabilise les taux des obligations du Trésor à 10 ans, les anticipations d’inflation, les variations sur un mois du S&P 500 et le taux d’approbation du président. Reste à voir désormais si la théorie du Nacho se confirme.
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