Pour baisser le coût d’accès à l’immobilier, vendredi, Donald Trump a demandé aux sociétés de financement Fannie Mae et Freddie Mac d’acheter 200 milliards de dollars de créances hypothécaires titrisées appelées MBS.Donald Trump serait-il en train de poser les bases de la prochaine crise financière ? Ce vendredi, le président américain a annoncé que les sociétés de financement Fannie Mae et Freddie Mac allaient racheter 200 milliards de dollars de crédits hypothécaires titrisés appelés « MBS » ou « mortgage-backed securities ». Cette autorisation doublerait les montants de crédits immobiliers détenus par Fannie Mae et Freddie Mac qui sont aujourd’hui soumis à un plafond de 225 milliards de dollars de titres.
C’est, selon Donald Trump, un bon moyen de réduire les taux des crédits hypothécaires, aujourd’hui au-dessus de 6 %, alors que le marché immobilier américain stagne depuis quelques années. Sauf que les MBS ne sont pas des instruments financiers anodins. Ils sont en partie à l’origine de la crise des subprimes.
Des titres aussi utiles que dangereux
À leur apogée, avant 2008, les sociétés Fannie Mae et Freddie Mac détenaient chacune plus de 900 milliards de dollars d’investissements liés aux prêts hypothécaires. Ces titres ont servi à faire grossir la bulle des subprimes, ces crédits immobiliers accordés à des emprunteurs avec des profils risqués. Pour mémoire, en cas de défaut d’un créditeur, la banque saisissait la maison et redonnait ce crédit à un autre emprunteur avec un profil tout aussi risqué. Ces prêts étaient ensuite transformés en titres financiers « MBS » puis rassemblés dans des fonds qui se les échangeaient.
Sauf que cette machine infernale s’est effondrée en 2008 quand les crédits immobiliers - enchaînant les défauts - n’ont plus trouvé preneurs et n’ont donc pas pu être remboursés. Leurs MBS ayant été échangés de mains en mains et regroupés dans des fonds opaques, toute la finance a pris peur et ne savait plus quelle banque était exposée à ces crédits toxiques.