ANALYSE. L'intelligence artificielle est le moteur de la croissance spectaculaire des revenus cloud d'Amazon AWS, Alphabet et Microsoft. Les Gafam, à l'exception notable de Meta, affichent ainsi une forte hausse de leurs revenus, grâce à la location de data centers.La fête bat son plein chez les géants américains de la tech. Alors que le leader des puces électroniques, Nvidia, vient de dépasser les 5 000 milliards de dollars, les champions du cloud ne sont pas en reste. Ce vendredi, au lendemain de la publication de ses résultats du troisième trimestre, l’action Amazon bondissait de près de 12 % à l’ouverture de la Bourse américaine. Une fièvre boursière qu’a aussi connue Alphabet dont le titre a grimpé de près de 9 % mercredi, juste après sa publication. La raison de ces remous : l’intelligence artificielle.
Les revenus d’Amazon Web Services, la branche cloud du groupe, ont progressé de 20 % au cours du trimestre. C’est ni plus ni moins que le taux de croissance le plus rapide connu par le numéro un du secteur depuis 2022. Un constat partagé par Microsoft et Alphabet qui ont affiché des progressions de, respectivement, 34 % et 40 % de cette activité.
« Ils tirent de plus en plus leurs revenus de l’IA grâce à la demande des entreprises à qui ils louent leurs data centers », précise à La Tribune Matthias Desmarais, directeur de l’activité actions chez Oddo BHF.
L’IA génère déjà des revenus… sauf pour Meta
Si les géants de la tech ne détaillent pas précisément les revenus générés de cette activité insérée dans leur activité cloud, la directrice financière de Google a parlé mercredi de « milliards de dollars [engrangés] grâce à l’IA ce trimestre ». Une dynamique qui ne semble pas près de s’arrêter. Les trois géants ont déclaré que la demande pour ses produits cloud et d’IA a dépassé sa capacité à mettre en service de nouveaux centres de données. Andy Jassy, le PDG d’Amazon a déclaré jeudi que la demande de capacité de calcul de ses clients dépassait les capacités de développement de son entreprise. Ce, alors que, « 92 % des entreprises ne savent pas comment utiliser l’IA », note Lionel Melka, gérant actions chez Swann Capital. Un réservoir de futurs clients qui est déjà en train de s’ouvrir à l’image des nouveaux usages de l’intelligence artificielle dans la publicité, la finance ou encore la relation client.