Le logo de LVMH est visible lors de la conférence Viva Technology dédiée à l'innovation et aux startups au parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris, France, le 12 juin 2025.
L'action du géant du luxe a chuté de près de 8 % ce mercredi après des résultats 2025 jugés décevants.
Ce mercredi, l'action LVMH chutait de près de 8 % à l'ouverture de la Bourse de Paris à 9 h. Une baisse qui s'est maintenue jusqu'à la clôture de la séance vers 18h. Après cette nouvelle baisse, l'action du numéro un mondial du luxe perd près de 9 % depuis le 1ᵉʳ janvier et près de 22 % sur un an.
À l'origine de cette claque boursière : des résultats qui n'ont pas plu. Mardi soir, après la clôture des marchés, LVMH a annoncé mardi un bénéfice net en baisse de 13 % en 2025, à 10,9 milliards d'euros. La rentabilité du géant français du luxe en 2025 a légèrement baissé, avec une marge opérationnelle courante de 22 % contre 23 % en 2024.
Le chiffre d'affaires du groupe en 2025 a pour sa part baissé de 5 %, à 80,8 milliards d'euros, sous l'effet du contexte géopolitique et douanier international, marqué notamment par une conjoncture plus difficile pour les vins et spiritueux. « Cela confirme notre analyse selon laquelle le retour à la croissance du secteur, et de LVMH qui en est un indicateur, restera difficile au cours des prochains trimestres, fortement dépendant du contexte extérieur », estime JPMorgan dans une note.
Dans le détail, les ventes de la division phare mode et maroquinerie (Louis Vuitton, Dior, Celine, Fendi...) ont reculé de 8 % à 37,8 milliards d'euros, malgré une amélioration au second semestre. La marge opérationnelle de la division est de 35 %. Ce sont les ventes de vins et spiritueux qui sont les plus touchées avec une chute de 9 % à 20,36 milliards d'euros, plombées par les effets de change auxquels s'ajoutent les taxes douanières et une impossibilité d'augmenter des prix déjà élevés pour la clientèle.
« Les clients aspirationnels ont totalement coupé les vannes, étouffés par le contexte économique. Si les ultra-riches font preuve de résilience, ils ne peuvent plus porter seuls une machine aussi massive que LVMH », explique Loris Dalleau, analyste financier chez Bourseko.
Le géant du luxe a aussi été pénalisé par la surtaxe exceptionnelle imposée aux grandes entreprises au nom du redressement des finances publiques françaises. Cette surtaxe a augmenté de 4 points le taux d'imposition du groupe, a fait savoir LVMH en publiant ses résultats. Dans le budget 2026, le gouvernement français a décidé de prolonger la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. En réponse, mardi soir, Bernard Arnault a accusé la France d’être « contre les entreprises » en cherchant à les « taxer au maximum ». L'Etat cherche à « taxer un maximum (les entreprises) et donc crée du chômage », a ajouté le milliardaire.
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Regain d'activité au quatrième trimestre
Bonne nouvelle cependant, les ventes au quatrième trimestre ont, elles, atteint 22,7 milliards d'euros, en recul de 5 % (mais en hausse de 1 % hors effets de change). LVMH pointe aussi une amélioration de ses ventes sur le second semestre 2025, avec un retour notamment de la clientèle en Asie et aux États-Unis. Sur l'année, les ventes au Japon, marché très important du secteur du luxe, sont, elles, en recul par rapport à 2024.
« Les résultats du groupe sont solides » malgré « une année agitée sur le plan économique et géopolitique », a déclaré le PDG Bernard Arnault, lors de la présentation des résultats.
« Les espoirs de croissance pour 2026 restent faibles et nous serons bien loin de l'euphorie des années précédentes. Le luxe entre dans un nouveau cycle, beaucoup plus dur et moins brillant », estime Loris Dalleau de Bourseko. L'homme le plus riche de France a aussi reconnu que « 2026 ne va pas être très simple non plus ».