Rebond en Bourse, Chine, horlogerie : les signes d'une sortie de crise pour LVMH

Le numéro un mondial du luxe LVMH détient de nombreuses marques dont Louis Vuitton, Dior, Celine ou encore Moët Hennessy.
REUTERS - Gonzalo Fuentes

Le numéro un mondial du luxe LVMH détient de nombreuses marques dont Louis Vuitton, Dior, Celine ou encore Moët Hennessy.
REUTERS - Gonzalo Fuentes
S’il est trop tôt pour sonner le glas de la crise que traverse le secteur du luxe depuis plus d’un an, force est de constater que LVMH va mieux. Le géant français, numéro un mondial, a indiqué mercredi une entrée au capital de La Joux-Perret, une manufacture suisse de mouvements horlogers. Cette prise de participation « minoritaire », sans plus de détails quant à son niveau, est réalisée via la division Montres du groupe.
Alors que certaines de ses marques d’horlogerie, comme TAG Heuer, ont déjà collaboré par le passé avec La Joux-Perret, LVMH va cette fois plus loin. En prenant part à son capital, le groupe a pour objectif d’ « ancrer des liens stratégiques avec des partenaires industriels » et de « soutenir [ses] investissements en Suisse », précise-t-il dans un communiqué. En parallèle, les deux entités ont conclu un « accord commercial stratégique », destiné à « offrir de nouvelles capacités de production et d’innovation à l’ensemble des maisons horlogères » de LVMH.
Là n’est pas la seule actualité du géant du luxe. LVMH devrait ouvrir prochainement de grands magasins en Chine, selon un article de l’agence de presse Bloomberg. Ses quatre enseignes iconiques – Louis Vuitton, Dior, Tiffany et Loro Piana – profiteraient ainsi chacune d’une boutique avec pignon sur rue à Pékin, ou sur centre commercial.
Certains magasins, à plusieurs étages, pourraient en effet voir le jour au sein du complexe haut de gamme Taikoo Li Sanlitun, du promoteur immobilier Swire Properties. Des projets lancés de longue date mais dont le développement a été retardé par le ralentissement des ventes traversé par le secteur du luxe ces deux dernières années, rappelle le média financier. Le géant français serait même en négociations avec Swire Properties pour ouvrir un magasin Christian Dior dans l’un de ses autres centres commerciaux phares, cette fois à Shanghai.
Le choix de LVMH de multiplier la création de boutiques en Chine n’est pas surprenant. Le groupe a déjà choisi Shanghai pour implanter un nouveau « concept » autour d’une de ses marques emblématiques. Depuis juin, Louis Vuitton y est présent via « Le Louis », un bâtiment en forme de bateau aux dimensions colossales – 1 600 m² répartis sur trois niveaux pour une hauteur de 30 mètres – accueillant une boutique, un café et un espace d’exposition.
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La directrice financière du géant hexagonal, Cécile Cabanis, a récemment vanté le succès de ce projet atypique. « Même nos voisins sont ravis de l’affluence, a-t-elle assuré lors de la présentation des résultats du troisième trimestre. Chaque fois que nous lançons une initiative ou une innovation ou une nouvelle initiative dans le commerce de détail, cela crée immédiatement un lien, de l’intérêt et de l’enthousiasme et le consommateur réagit très rapidement ». Une réussite d’autant plus à souligner que la consommation intérieure s’affiche atone en Chine, dans un contexte plus global de difficultés économiques depuis plusieurs années.
Conscient de ce climat morose pour les affaires en Chine, le groupe se montre prudent. « Le marché immobilier reste complexe et le chômage élevé. Nous allons donc considérer qu’il faudra du temps pour que la Chine et l’Asie connaissent une reprise », a indiqué Cécile Cabanis. Raison pour laquelle LVMH ne se concentre pas uniquement sur les marchés chinois et asiatique ni sur ses seules marques phares.
Autre signe que LVMH sort progressivement la tête de l’eau : son cours à la Bourse de Paris est ce mercredi à un plus haut depuis huit mois. Il est établi au-dessus des 643 euros depuis l’ouverture, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis le mois de mars. Par rapport à son plus bas de juin, cela représente une hausse de plus de 43 %.
L’action de la première capitalisation boursière du CAC 40 a surtout fait un bond mi-octobre, quand les résultats du troisième trimestre ont dévoilé des ventes en hausse. Une croissance organique faible, de seulement 1 %, qui a néanmoins fait office de soulagement et poussé nombre d’investisseurs à l’achat. Une envolée du titre qui avait d’ailleurs profité aux autres valeurs du luxe, Hermès et Kering notamment.
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Le cours de LVMH reste toutefois loin de son point haut d’avril 2023 (près de 894 euros, -27,8 %). Le secteur du luxe rencontre des difficultés depuis, qui ont culminé en 2024 où la croissance des ventes s’est révélée nulle, comme l’indiquait Kepler Cheuvreux à La Tribune. L’année dernière a ainsi été « la pire année depuis 2009 si l’on exclut la pandémie du Covid-19 », selon son analyste spécialiste du luxe, Charles-Louis Scotti.
Le vent a-t-il enfin tourné ? S’il n’est pas possible pour l’heure de s’avancer, LVMH semble en tout cas prendre le bon cap vers la sortie de crise.