L'or plonge de 6 % : pourquoi la guerre écrase la valeur refuge
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Lingots d'or issus d'une exploitation artisanale en RDC.
frthtyh
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Lingots d'or issus d'une exploitation artisanale en RDC.
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Le marché des métaux traverse une zone de turbulences extrêmes. Jeudi, l'once d'or affiche un recul de plus de 6 %, tandis que l'argent plonge de plus de 13 %. Ce mouvement surprend par son ampleur en pleine escalade militaire entre l'Iran et Israël. Habituellement, le désordre mondial propulse les prix vers le haut. Cette fois, la mécanique s'enraye car les investisseurs privilégient le dollar et les obligations d'État.
L'aluminium dégringole de son côté de plus de 8 % sur le London Metal Exchange (LME), sa plus forte baisse en séance depuis 2018. Cette chute généralisée des métaux industriels signale une crainte profonde pour la croissance mondiale. Le pétrole brut grimpe pourtant après les frappes sur des installations énergétiques du golfe Persique. Ce renchérissement de l'énergie alimente les risques inflationnistes.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a maintenu ses taux d'intérêt mercredi. Son président, Jerome Powell, lie toute future baisse à un ralentissement prouvé de l'inflation. Or, la flambée du brut rend ce scénario improbable pour l'instant. Les métaux précieux, qui ne versent ni intérêt ni dividende, perdent leur attractivité face aux placements rémunérés. Cette situation rappelle l'été 2022, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
La volatilité actuelle modifie la perception du risque. Les fonds indiciels (ETF) adossés à l'or enregistrent des sorties massives de capitaux. Ces flux sont très sensibles aux variations des taux d'intérêt. « Ce n'est plus une valeur refuge, c'est un actif spéculatif », affirme Patrick Armstrong, directeur des investissements chez Plurimi Wealth LLP. Les investisseurs institutionnels boudent le lingot à cause d'une instabilité inhabituelle.
Le marché subit également des « flushs », des purges techniques massives. En cas de choc sur d'autres classes d'actifs, les traders vendent leurs positions sur l'or pour obtenir des liquidités immédiates. Ce besoin urgent de cash pour répondre à des appels de marge amplifie la baisse. L'or est utilisé comme réservoir de liquidité plutôt que comme bouclier. La prime de risque liée au conflit au Proche-Orient est totalement effacée par ces arbitrages.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

Le corridor maritime du détroit d'Ormuz demeure sous haute surveillance. Sa fermeture potentielle verrouillerait l'économie mondiale dans une spirale de prix élevés. Pour l'heure, le prix de l'once oscille dans une fourchette étroite. Les investisseurs attendent un signal clair des banques centrales. Sans perspective de détente monétaire, le métal jaune reste sous pression. La reprise ne surviendra qu'après un nettoyage complet des positions spéculatives.
Malgré le pessimisme ambiant, les grandes institutions conservent des objectifs ambitieux pour 2026. JP Morgan anticipe une once à 6 300 dollars d'ici à la fin de l'année. Deutsche Bank maintient sa cible de 6 000 dollars pour le 31 décembre. Ces prévisions reposent sur une dégradation inévitable de la stabilité financière globale. À plus long terme, la rareté physique et la dette des États restent des soutiens structurels.
Le cours de l'argent suit une trajectoire identique mais plus volatile. Son utilisation industrielle le rend doublement vulnérable aux craintes de récession. Les décideurs doivent surveiller l'évolution du Brent comme indicateur avancé de la politique monétaire américaine. Une stabilisation des prix de l'énergie est la condition sine qua non pour un retour des flux vers les métaux précieux. La déconnexion actuelle pourrait durer tant que les taux réels restent élevés.
L'échéance réglementaire du 30 juin 2026 sur les nouvelles normes de fonds propres bancaires pourrait influencer la demande. Les banques centrales, notamment en Asie, continuent d'accumuler de l'or physique hors marché. Ces achats de gré à gré limitent le risque d'un effondrement total. La résilience du cours au-dessus de supports techniques clés déterminera la suite du cycle. La séance de vendredi sera déterminante pour confirmer ou infirmer ce signal de rupture.
(Avec agences)
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