Or, immobilier, bitcoins... Quels placements privilégier en 2026 ?

Or, cryptomonnaies, immobilier... Nous faisons le point sur les placements à privilégier en 2026.
LTD/Andrew Angelov/Shutterstock

Or, cryptomonnaies, immobilier... Nous faisons le point sur les placements à privilégier en 2026.
LTD/Andrew Angelov/Shutterstock
Fini l’inflation à 5 %. D’après la Banque de France, les prix devraient augmenter de 1,3 % en 2026, soit à peine plus que le Livret A, qui offre désormais 1,5 % d’intérêts annuels. Si la rémunération du livret préféré des Français absorbe cette hausse, elle ne vous permettra en rien de vous enrichir pour financer votre complément de retraite ou l’achat d’un bien immobilier. Il faut donc se tourner vers des placements plus rémunérateurs.
Facile à dire, plus difficile à faire. Les actifs peu risqués comme les obligations d’entreprises ne sont plus aussi rémunérateurs, les risques géopolitiques sont majeurs alors que, côté Bourse, la crainte de l’explosion de la bulle de l’IA grandit.
Ce qui ne change pas avec les années, en revanche, c’est l’impératif de diversification. Constituez la base de votre épargne dans l'assurance-vie en fonds euros pour vous octroyer un rendement de base mobilisable à tout moment, sans oublier de doper vos gains avec des actions sur des secteurs porteurs comme la défense, les semi-conducteurs ou l'énergie nucléaire.
Ne placez pas tous vos œufs sur les marchés américains, préviennent les gestionnaires, d’autant que l’Europe affiche de belles perspectives. Les valeurs refuges – or, Bitcoin – qui servent à limiter les risques de pertes, subissent de lourdes corrections et seront donc à manier avec prudence.
Et si le Vieux continent devenait plus attractif que les États-Unis ? L’Europe offre de belles perspectives. L’Allemagne devrait renouer avec une croissance de 1 % en 2026. La France devrait finir dans le même étiage, prédit la Banque de France, et même davantage si les ménages utilisent leur stock massif d’épargne.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

Dans le même temps, la dette américaine commence à être regardée de près. « Les investisseurs prêtent en exigeant une prime de risque. Le statut de valeur refuge du dollar est fragilisé », selon Marc Brütsch, chef économiste de l’assureur Swiss Life. Et une baisse de la monnaie reine n’est en aucun cas une bonne nouvelle pour un investisseur qui parie sur des valeurs américaines.
« C’est un sujet très important. Le S&P 500, principal indice boursier américain, affiche 17 % de performance en 2025, mais une fois la dévalorisation du dollar intégrée, on obtient 3 % de rendement en euro », alerte Damien Charlet, responsable des portefeuilles chez Mandarine gestion.
Si l’envie d’investir dans les valeurs américaines de la tech est attractive, il faut aussi freiner ses ardeurs, alerte Denis Lehman, directeur de la gestion des actifs mobiliers chez Swiss Life : « Le marché américain des actions est cher et très fortement dépendant de la thématique IA. Dans ce contexte, nous préférons les actions européennes qui offrent des valorisations plus attractives, de meilleures possibilités de diversification ainsi que des dividendes intéressants. Nous visons 10 % de rendement, en moyenne, sur les actions mondiales, avec des performances supérieures pour l’Europe. »
Si l’investissement en Europe est à privilégier, il ne doit pas se faire sur n’importe quelles actions. L'isolationnisme et la prédation de Trump poussent les États à devenir le plus indépendants possible, et donc à développer leurs propres filières industrielles stratégiques. « Le secteur pharmaceutique, l’énergie ou la défense, par exemple, décline Denis Lehman. Nous parlons d’ici de filières pérennes, capables de générer des bénéfices sur le long terme. »
« La défense est un secteur très important, car il bénéficie de commandes publiques et revêt ainsi l’avantage d’être assez décorrélé des aléas du marché », abonde Damien Charlet. Depuis un an, nombre de grandes entreprises européennes liées au domaine de la défense affichent des performances exceptionnelles, à l’image de Saab (180 %), Rheinmetall (129 %), Thales (63 %) ou encore Dassault Aviation (47 %).
Les gestionnaires parient également sur les secteurs impliqués dans l'électrification des usages. À commencer par les semi-conducteurs, ces petites pièces vitales pour le fonctionnement de machines comme les smartphones, les ordinateurs, les véhicules électriques ou les capteurs.
Des actions comme ASML [entreprise hollandaise, ndlr] ont très bien performé en 2025, et leur production se vend bien, surtout en dehors de l’Europe, rappelle Édouard Perrichet, gestionnaire chez Mandarine. Nous misons aussi sur Infineon, l’équivalent allemand de STMicroelectronics. Ils sont impliqués dans les semi-conducteurs de puissance, avec une application dans les centres de données, un secteur d’avenir. »
Investir dans la tech américaine sera encore source de rendement, mais gare à ne pas y placer tout votre argent, car la « bulle » de l’intelligence artificielle pourrait aussi exploser dans les prochaines années : « Les attentes sont très grandes pour Alphabet, Amazon, Meta Microsoft ou Oracle. En 2026, ils vont augmenter leur investissement dans l’IA de 36 %, après plus de 60 % en 2024 et 2023. Or, ces afflux massifs pourraient devenir obsolètes si de nouvelles tech voyaient le jour ou si la demande en IA generative continuait à être en-deçà des prévisions », avertit Marc Brütsch.
La reine des cryptomonnaies a connu une véritable descente aux enfers. Après avoir atteint un plus haut historique – un bitcoin s’échangeait à presque 126.000 dollars en octobre 2025 –, cette monnaie électronique a perdu près de 40 % de sa valeur et ne valait plus que 77 500 dollars au 2 février. Bien loin des prévisions les plus optimistes, qui voyaient le bitcoin tutoyer les 150.000 dollars à fin 2025.
Son statut de valeur refuge est remis en question. Profitant historiquement du risque monétaire, il n’a pas tiré parti de la chute du dollar en janvier pour rebondir. Les détenteurs de Bitcoin vendent en masse, les volumes d’échange sur les plateformes de cryptoactifs dégringolent et les contraintes réglementaires mondiales sont croissantes.
Aujourd'hui, le « crypto winter » [une longue période de stagnation ou de baisse des cours, ndlr] n’a malheureusement pas de durée déterminée. « C’est la question la plus sensible pour les investisseurs. (...) Les précédents historiques montrent que ces phases durent souvent entre un an et deux ans, mais rien n’est jamais écrit dans le marbre dans un marché aussi jeune, volatil et dépendant de facteurs externes », résume John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez la banque privée Cité Gestion.
Être exposé au Bitcoin reste cependant un moyen utile de diversifier son portefeuille, selon Andréa Tuéni, même si ce dernier avertit que le jeu des prédictions sur cette cryptomonnaie est hautement risqué.
C’est peu dire que l’or a connu une année faste en 2025. L’once d’or (environ 31 grammes) a tout simplement vu sa valorisation s’envoler de 65 % l’année dernière. C’était déjà 27 % en 2024 et 13 % en 2023. Quant à son petit frère, l’argent, il a affiché une performance de… 160 % en 2025.
Pourtant, 2026 s’annonce sous des auspices bien moins favorables. Les cours des deux métaux ont dégringolé le 20 janvier après l’annonce de candidature de Kevin Warsh à la tête de la banque centrale américaine (FED). Après avoir atteint un plus haut à 5 600 dollars, le métal jaune ne valait plus que 4 700 dollars au 2 février. Soit 16 % de baisse.
Cette correction ponctuelle ne doit pas décourager les investisseurs, insiste Andrea Tueni, responsable des activités de marchés chez Saxo Banque. « Tous les fondamentaux montrent que la demande est là. Les banques centrales poursuivent leurs achats d’or, la dette américaine et le dollar perdent leur statut de valeur refuge. Dans le même temps, les incertitudes internationales sont toujours fortes. » Pour cet expert, l’or est « indispensable dans un portefeuille qui performe ». Une analyse que partagent la Deutsche Bank et la Société générale, qui prévoit que l'once d’or pourrait atteindre 6 000 dollars en 2026.
La crise du logement en France n’est pas terminée. Foncia a constaté une diminution de 3,5 % du nombre de locations totales réalisées sur 2025, alors que, dans le même temps, le stock de logements disponibles à la location a chuté de 7 %. Le nombre de logements neufs vendus aux particuliers a plongé de 21 % au troisième trimestre 2025, alerte la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).
De ce triste constat émerge au moins une bonne nouvelle : les rares ménages ayant la possibilité d’effectuer un investissement immobilier trouveront certainement un locataire si le logement se situe dans une zone tendue. « L’investissement locatif présente de nouveau des conditions favorables », assure MeilleursAgents, citant des crédits immobiliers à un taux stabilisé à 3 %, des prix immobiliers en chute de 4,9 % depuis juillet 2022, et des loyers qui ont cru de 8 % sur la même période.
Pour pousser les ménages les plus aisés à doper l’offre locative, et espérer construire deux millions de logements neufs d’ici 2030, le gouvernement Lecornu a intégré dans le projet de loi de finances pour 2026 le dispositif dit « Jeanbrun », du nom du ministre de la Ville. En successeur du dispositif Pinel, il permet à tout ménage faisant l'acquisition d’un appartement neuf de défiscaliser tout ou partie des loyers perçus si ce dernier est loué de façon nue (non meublée) pour au moins 9 ans.
Le taux d’amortissement est inversement proportionnel au niveau de loyer fixé : 3,5 % pour les logements intermédiaires (des loyers de 15 % inférieurs à la moyenne du marché), 4,5 % pour les logements sociaux (de 30 % inférieurs) et 5,5 % pour les logements très sociaux (de 45 % inférieurs). Ce taux de déduction est calculé sur 80 % de la valeur du bien. Soit 240.000 pour un appartement de 300.000 euros. Des plafonds de déduction fiscale annuels ont également été instaurés pour limiter l’abattement. Ils oscillent entre 8 000 et 12.000 euros par an, favorisant là encore les loyers modérés.
Si vous optez plutôt pour un bien ancien, le dispositif Jeanbrun vous contraint, en revanche, à prévoir une enveloppe de travaux de 30 % sur une assiette de 80 % de la valeur du bien. Soit un budget de 48.000 euros pour un bien ancien de 200.000 euros. À ce prix-là, assurez-vous d’obtenir une note de diagnostic de performance énergétique (DPE) au moins égale à D pour ne pas vous retrouver interdit de louer votre logement. C’est le cas depuis le 1er janvier 2025 pour ceux notés G. Celui des bien notés F et E arrivera respectivement en 2028 et 2034.