À un mois de la COP30, la peur d’une Europe sans leadership climatique
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La présidente de la Commission européenne, en Serbie, en octobre 2023
MDJ/ - REUTERS - MARKO DJURICA
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La présidente de la Commission européenne, en Serbie, en octobre 2023
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Moins d’un mois avant la 30e conférence climat de l’ONU, de nombreux experts et ONG s’inquiètent de voir l’Union européenne perdre son « leadership climatique ». Un atout clé qui, ces dernières années, lui a permis d’avoir du poids dans les négociations des COP.
Les dernières tractations pour doter l'Europe d’une nouvelle « NDC », soit un nouvel objectif de baisse d’émissions de gaz à effet de serre, suscitent en effet toutes les inquiétudes. Alors que chaque pays ou blocs de pays est censé rendre sa copie avant la COP, l’UE, jusqu’ici exemplaire, est cette année à la traîne.
Minés par des divisions internes, les Vingt-Sept n'ont pas encore acté ce nouvel engagement commun, censé être fourni en février dernier. Les pays membres ont pour l’instant donné une « fourchette de baisse d’émission indicative » entre -66,25 % et -72,5 % de CO2 d’ici à 2035. En sachant que la cible proposée par la Commission est à l’origine de 90 %, d'ici 2040.
Interrogé sur la situation vendredi dernier, le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, désormais ex-ministre de la Transition écologique, a temporisé sur le sujet en affirmant que « l’ambition climatique de l’UE n’est remise en question pas personne ».
Et d’ajouter que « la NDC de l’UE devrait normalement être adoptée le 4 novembre prochain, lors d’un Conseil des ministres de l’environnement de l’UE ». Si elle comprend la situation, de son côté, Lola Vallejo, directrice de la diplomatie à la Fondation européenne pour le climat, rappelle tout de même « que le Royaume-Uni a donné en février dernier sa feuille de route climat ».
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

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De manière inhabituelle, la France a plusieurs fois interrompu les discussions sur la NDC, afin que celle-ci intègre des garanties pour soutenir et préserver certaines industries. Notamment le nucléaire et l'industrie lourde (métallurgie et sidérurgie). Paris voulait en effet s’assurer que la décarbonation de l’UE ne se fasse pas au détriment des industriels français et européens. Derrière cette réaction, la peur d’un concurrent redoutable : la Chine, puissance exportatrice de panneaux solaires ou d’éoliennes, et désormais « d’acier vert ».