Les presque 400 entreprises conchylicoles de la lagune de Thau, dans l’Hérault, peinent à se relever des deux mois d’interdiction de vente d’huîtres qui viennent de les frapper. Elles misent maintenant sur les aides des collectivités, et espèrent qu’un problème de confiance des consommateurs ne va pas s’installer durablement.Les informations à retenir
Interdiction sanitaire : la suspension de vente d’huîtres de la lagune de Thau, du 19 décembre 2025 au 17 février 2026 après un épisode de pollution lié à des pluies intenses, a fragilisé les 380 entreprises conchylicoles.
Choc économique. Les pertes sont estimées entre 10 et 12 millions d’euros. Malgré un plan d’urgence des collectivités locales, les aides pourraient ne pas sauver toutes les entreprises.
Crise de confiance. Après plusieurs épisodes sanitaires dus au réchauffement climatique, les conchyliculteurs redoutent une défiance durable des consommateurs.
Deux mois d’interdiction de vente d’huîtres, du 19 décembre 2025 au 17 février 2026, c’est long. Et préjudiciable pour les 380 entreprises de la lagune de Thau (Hérault). Surtout quand elle intervient pendant les fêtes de fin d’année, où se réalisent 30 % des volumes annuels de ventes.
Cette interdiction a été imposée par la préfecture en raison d’un lien épidémiologique dû à la présence de norovirus, responsable de gastro-entérites aiguës, entre des cas groupés d’infections alimentaires collectives et la consommation des coquillages.
A l’origine de la pollution du bassin au norovirus, les fortes pluies des 15 et 16 décembre, puis des 21, 22 et 23 décembre, entraînant une sollicitation inhabituelle des réseaux d’assainissement, un déversement des eaux usées par débordement, et une altération temporaire de la qualité sanitaire des eaux de la lagune.
Un risque sanitaire lié au changement climatique, qui peut prendre plusieurs formes et que les entreprises conchylicoles de la lagune héraultaise, qui fournissent environ 80 % de la production conchylicole méditerranéenne française (huîtres et moules), ne connaissent que trop bien : le norovirus avait également frappé fin 2022 et début 2023, la malaïgue (une maladie due à la canicule, entraînant une chute du taux d’oxygène dans l’eau et la mortalité des huîtres et des moules) à l’été 2025.