Avec le soutien du fonds Mirova, la start-up ReGeneration ambitionne d’accompagner 3 400 agriculteurs en France et en Belgique pour déployer des pratiques d’agriculture régénératrice.
ReGeneration
La start-up bordelaise ReGeneration s’associe au fonds Mirova pour investir dix millions d’euros dans l’accompagnement et le financement à long terme de l’agriculture régénératrice par le biais controversé des crédits carbone.
Notion relativement vague, l’agriculture régénératrice recouvre un ensemble de pratiques agricoles telles que le non-labour, les couverts végétaux, la rotation des cultures et la réduction des pesticides. Le but est de préserver la qualité des sols et la biodiversité, de réduire la consommation d’eau et de favoriser le stockage de carbone. Cette terminologie a été progressivement adoptée avec plus ou moins de sincérité par un nombre croissant d’acteurs de la filière agro-alimentaire et bien au-delà.
La démarche attire notamment des start-up et des investisseurs cherchant à faire le lien entre agriculteurs et solutions de financement. Soil Capital, Agreena, Klim, Rize, InSoil, Milpa, Carbon Farm, Genesis : outre leur nom à consonance anglo-saxonne, toutes ces jeunes pousses européennes ont pour point commun d’accompagner et/ou de financer des pratiques d’agriculture régénératrice.
Le marché controversé des crédits carbone
Créée en 2021 à Bordeaux, ReGeneration se positionne précisément sur ce double créneau : « Pour mener la transition agro-écologique, il faut une clé technique sur la manière de faire et une clé financière pour rémunérer l’agriculteur pour sa prise de risque », brandit Thomas Rabant, qui a cofondé la jeune pousse avec Félix Noblia, agriculteur au Pays basque.
Les deux associés ont mis sur pied un modèle pour financer des agriculteurs engagés dans des pratiques génératrices en émettant des crédits carbone correspondant au CO2 séquestrés dans leurs exploitations. Ces crédits carbone volontaires, sont ensuite vendus à des entreprises cherchant à décarboner leur activité. Un mécanisme dont la pertinence et la fiabilité restent sujettes à controverse.
60 à 100 euros par hectare et par an
« Nous fournissons un accompagnement agronomique à l’agriculteur pendant cinq ans et nous évaluons le volume de carbone stocké pour pouvoir mettre sur le marché un crédit carbone équivalent », résume le président (CEO). « C’est l’une des réponses aux enjeux de transformation du modèle de l’industrie agricole. » Les revenus tirés de la vente de ces crédits carbone reviennent en effet à 60 % à l’agriculteur et à 40 % à ReGeneration qui évoque un gain potentiel moyen pour l’agriculteur de 60 à 100 euros par hectare et par an.
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