Les grands projets d’aménagement (immobiliers, éoliens, photovoltaïques, grandes infrastructures) créent de la dette écologique qui doit être compensée. Le dispositif des Crédits biodiversité leur donne la possibilité de le faire par anticipation. Deux opérateurs portent des projets de renaturation de sites : CDC Biodiversité et l’entreprise héraultaise Biotope.« Éviter, réduire, compenser », c’est la démarche résumée derrière l’acronyme ERC, à laquelle sont soumis les grands projets d’aménagement - programmes immobiliers, grandes infrastructures et autres parcs éoliens ou photovoltaïques - qui créent de la dette écologique.
« Éviter est la priorité, si on ne peut pas, alors on fait en sorte de réduire les impacts, et enfin, il faut compenser les impacts résiduels, explique Frédéric Melki, président de Biotope, entreprise héraultaise spécialisée en ingénierie écologique. Il existe deux manières de compenser : à la demande, projet par projet en cherchant un terrain à restaurer, ce qui est le plus pratiqué. Ou par l’offre, avec les sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation (SNCRR, ndlr) qui permettent d’acheter des unités de compensation par anticipation. »
Introduits par la loi Industrie verte et opérationnels depuis l’automne 2024, les SNCRR ont été rebaptisés « France Crédits biodiversité » en mai 2026. Le dispositif « génère des Crédits biodiversité qui peuvent être utilisés pour répondre à une obligation réglementaire de compensation écologique ou agir volontairement pour financer des projets de restauration de la biodiversité », résume auprès de La Tribune le ministère de la Transition écologique.
Deux opérateurs pionniers
Les actions menées sur ces sites, agréés par ce même ministère, permettent de restaurer des écosystèmes dégradés, offrant aux entreprises des solutions de compensation « clés en main ». La proximité géographique initialement exigée entre le projet et le site de compensation a été remplacée par une « proximité fonctionnelle », garantissant la préservation des mêmes espèces.