Une fois passé le site de vinification de la cave coopérative de Tutiac, à Marcillac en Gironde, la propriété d’Angélique Lalande et Arnaud Courjaud n’est plus très loin. Tous deux sont vignerons. Mais à l’arrivée, ce sont moins les vignes que l’on voit que les poules pondeuses que l’on entend. Et pour cause. Les propriétaires, qui étaient occupés à 100 % par la vigne il y a encore cinq ans, se sont diversifiés dans l’asperge, la production photovoltaïque, puis l’élevage de poules et de vaches. « Aujourd’hui, en chiffre d’affaires, nous sommes à 50/50 entre la viticulture et le reste, mais l’asperge devrait passer devant », précise Arnaud Courjaud.
Le choix de l’asperge a été fait dès 2019. C’est-à-dire avant le déclenchement de la profonde crise qui bouleverse le vignoble. L’enjeu, déjà, était « d’avoir de la trésorerie rapidement », confie Angélique Lalande. Précédemment contrôleuse d’un organisme de défense et de gestion (ODG), elle a vu le vent tourner assez tôt avec la baisse de la consommation. « Mais il ne faut pas croire, si l’asperge est intéressante financièrement, c’est dur ! » Elle travaille à l’atelier de 4 heures du matin à minuit pendant deux mois et cette nouvelle activité nécessite beaucoup de main-d’œuvre : une quinzaine de personnes à la récolte, cinq à l’atelier. « L’administratif, j’y passe mes soirées », soupire-t-elle.