Pesticides de synthèse, résistances croissantes, contraintes réglementaires : l'agriculture est à la croisée des chemins mais peut se faire aider par la nature. Au moment où la question du cadmium dans les sols rappelle la surexposition des consommateurs aux engrais chimiques liée à la nutrition des champs, le marché de la protection des cultures se mobilise autour du biocontrôle. Celui-ci consiste à utiliser des organismes vivants, ou substances naturelles, pour prévenir ou réduire les dommages causés par des nuisibles.
En 2025, le marché du biocontrôle, - en croissance de 10 % par an depuis 2018 -, a représenté plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires en France et 10 % du marché total de la protection des cultures en Europe (12 % en France), estime France Biocontrôle.
C'est sur ce constat que l’Institut polytechnique UniLaSalle et la société bretonne Biom InnoV se sont associés pour créer la Chaire « Biocontrol Explorer for Plant Health » à Rouen. Inauguré le 3 juin dernier, ce partenariat recherche–industrie travaillera pendant quatre ans à l'identification et à l'évaluation de nouvelles solutions de biocontrôle, au service de la santé des plantes et de la transition agroécologique.
« Depuis plus de 50 ans, la protection des cultures repose largement sur des produits de synthèse efficaces mais aux impacts durables sur la biodiversité, les écosystèmes, la santé humaine. Nous proposons une autre vision de l’innovation et de la protection des plantes. Le biocontrôle utilise les insectes auxiliaires, les micro-organismes (bactéries, champignons, virus), les substances d’origine végétale, animale ou minérale et des médiateurs chimiques tels que les phéromones. L’approche de cette chaire consiste à considérer la plante comme un écosystème à part entière (holobionte). Son objectif est d’accélérer l’exploration et le déploiement de solutions opérationnelles pour les agriculteurs, en remplacement ou en appui des systèmes conventionnels. C’est un levier stratégique pour répondre aux besoins des industriels », décrit Aude Bernardon-Méry, présidente et cofondatrice de Biom InnoV à Saint-Malo.