L'industriel corrézien Axioma cherche des fonds pour sauver son produit naturel capable d'améliorer la capacité nutritive des cultures. Après treize ans de développement, il est victime d'un marché saturé par les engrais chimiques.Dans un pays où l'usage des pesticides diminue moins vite qu'ailleurs en Europe, les entreprises qui développent des biosolutions agricoles connaissent des destins semés d'embûches. Axioma l'illustre très bien. Après avoir obtenu une quarantaine d'autorisations de commercialisation dans le monde et conclu quatre levées de fonds, dont une dernière à 15 millions d'euros en 2023, l'entreprise innovante s'est mise en redressement judiciaire le 22 décembre dernier.
Start-up créée en 2012 à Brive-la-Gaillarde en Corrèze, lauréate du programme national French Tech Agri 20 dix ans plus tard, Axioma s'est toujours affirmée comme une structure prometteuse dans le paysage des produits agricoles alternatifs. Ses biostimulants homologués, conçu à partir d'actifs naturels issus d'extractions végétales, est capable d'améliorer les capacités d'assimilation nutritive des plantes. Un produit utile par exemple en période de sécheresse et qui permet de réduire les apports en engrais de synthèse dans les sols.
En 2021, la biotech matérialisait ses ambitions avec l'inauguration d'une usine de 3 500 m² en présence de la ministre de l'Industrie de l'époque, Agnès Pannier-Runacher. La nouvelle unité de production peut produire 15 millions de litres par an. Des capacités qui ont permis de nouer des contrats avec des géants de l'agrochimie, intéressés par l'émergence de produits naturels, tels que Syngenta, Bayer, Adama, Angibaud ou Nufarm. En parallèle, Axioma a lancé des campagnes de tests afin d'obtenir des autorisations de mise sur le marché aux Etats-Unis, au Brésil et en Australie, trois marchés colossaux.
Moins de 10 % de part de marché
Il semble pourtant qu'Axioma n'est pas parvenue à convertir le potentiel qui était placé en elle et à convaincre sur la crédibilité de ses produits.
L'entreprise espérait atteindre 50 salariés en 2021 mais elle n'en comptait toujours qu'une vingtaine fin 2025. Sa stratégie d'expansion à l'international devait être portée par l'implantation de micro-usines à proximité des clients. Pour la financer, son dirigeant a entrepris une cinquième levée de fonds il y a un an. Celle-ci a échoué face au faible engouement des investisseurs et la société s'est ainsi retrouvée à court de trésorerie début décembre.