Photographer - Hans Lucas via AFP - Jaak Moineau / Hans Lucas - JAAK MOINEAU
Alors que l'Europe a fixé une réduction de 55 % des gaz à effet de serre d’ici à 2030, le CESER Hauts-de-France estime que la transition régionale ne va pas à la bonne vitesse. L’institution a identifié dix priorités « incontournables » si la région veut rester sur la trajectoire de neutralité climatique fixée pour 2050.
Dans les Hauts-de-France, la première urgence concerne les ressources naturelles. Le Conseil économique social et environnemental régional (CESER) demande ainsi la restauration des sols pour augmenter leur capacité de stockage du carbone, d’infiltration d’eau et leur productivité, la massification des puits de carbone biologiques (forêts, prairies, zones humides) et une végétalisation accrue des espaces ruraux comme urbains pour limiter les effets des vagues de chaleur.
Dans une région où les tourbières et zones humides constituent un patrimoine écologique majeur, le maintien de ces puits naturels est présenté comme indispensable pour 2050 — et doit être engagé avant 2030.
Le deuxième chantier touche à la sobriété : énergétique, matérielle et foncière. Le CESER préconise un « bon dimensionnement » des équipements, la maîtrise des usages, la mutualisation, ainsi que la réduction des distances contraintes par l’aménagement. L’institution rappelle que la sobriété foncière passe par la requalification des friches et la densification, alors que la région compte encore d’importants gisements de réutilisation.
Domaines critiques
Mais les trois domaines les plus critiques sont l’industrie, les bâtiments et les finances. Dans l’industrie, très présente dans les Hauts-de-France, le CESER appelle à intensifier les programmes d’efficacité énergétique, de récupération de chaleur fatale, d’amélioration de l’efficience matière et de substitution des combustibles fossiles. La région, historiquement industrielle, joue un rôle décisif : selon RTE, une réindustrialisation faible en carbone permettrait d’éviter 900 millions de tonnes de CO₂ à l’échelle nationale sur trente ans : un argument majeur contre les délocalisations qui augmenteraient les émissions globales.
Le bâtiment est l’autre point dur. Le CESER préconise une rénovation énergétique massive, d’abord dans le parc public et le logement social, et l’intégration systématique des critères de la démarche REV3 dans tout nouvel équipement. Les réseaux de chaleur collectifs, fondés sur des sources locales, doivent être accélérés pour mutualiser les coûts et réduire les consommations. L’institution insiste sur un besoin vital : simplifier l’accès aux aides, aujourd’hui trop complexes pour nombre de collectivités, copropriétés et entreprises.
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